Afrique

RDC : les chansons des rappeurs MPR et Bob Elvis, interpellant le président Tshisekedi, sont interdites

Les chanteurs du groupes MPR ont vu leur chanson"Nini tosali te (Que n'avons-nous pas fait, en lingala)" interdite de diffusion par la Commission de censure.
Les chanteurs du groupes MPR ont vu leur chanson"Nini tosali te (Que n'avons-nous pas fait, en lingala)" interdite de diffusion par la Commission de censure.
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La Commission congolaise de censure des chansons a interdit la diffusion sur tout le territoire de la République démocratique du Congo, de deux chansons interpellant le président Félix Tshisekedi et la classe dirigeante congolaise. Le gouvernement récuse toute forme de censure politique.

Les chansons "Nini tosali te (Que n'avons-nous pas fait, en lingala)" du groupe musical MPR et "Lettre à Ya Tshitshi" du chanteur Bob Elvis sont donc interdites de présentation et de diffusion en RDC.
 


La Commission de censure reproche aux deux jeunes chanteurs de ne pas avoir soumis les deux chansons à la commission avant toute diffusion.

"Il s'agit d'une question de procédure. Avant de diffuser une chanson en public, il faut absolument passer par la Commission de censure. Ces jeunes ne l'ont pas fait", a déclaré Didi Kelokelo, directeur de la Commission de censure congolaise, qui dépend du Conseil d’État, interrogé par AFP.
 

Vous nous aviez promis le bonheur après le départ de Mobutu. Mobutu est parti mais on a rien vu. Vous nous avez dit que tout va s'arranger si Kabila quittait le pouvoir. Kabila est parti mais c'est toujours compliqué, malgré le changement (de régime) dans le pays.
Paroles de la chanson "Nini tosali te" du groupe MPR

"Vous nous aviez promis le bonheur après le départ de Mobutu. Mobutu est parti mais on a rien vu. Vous nous avez dit que tout va s'arranger si Kabila quittait le pouvoir. Kabila est parti mais c'est toujours compliqué, malgré le changement (de régime) dans le pays", écoute-t-on dans la chanson "Nini tosali te" du groupe musical MPR.



Le MPR, Mouvement populaire de la révolution, est le nom de l'ancien parti unique fondé par l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko (1965-1997).

Dans la deuxième chanson interdite "Lettre à Ya Tshitshi", du surnom de l'opposant historique défunt Étienne Tshisekedi, père du président Félix Tshisekedi, le chanteur Bob Elvis égrène les maux qui rongent le pays et sa classe dirigeante.
 

Depuis que tu es parti, ton fils Félix est devenu président. Les députés sont de plus en plus inconscients. Ton fils multiplie des promesses sans les tenir au lieu d'exceller dans des actes. La guerre dans l'Est continue.Paroles de Lettre à Ya Tshitshi du rappeur Bob Elvis

"Depuis que tu es parti, ton fils Félix est devenu président. Les députés sont de plus en plus inconscients. Ton fils multiplie des promesses sans les tenir au lieu d'exceller dans des actes. La guerre dans l'Est continue", regrette le rappeur. "On a changé de régime sans changer de système", ajoute-il.

"La décision portant censure des chansons n’émane pas du gouvernement (...). Tout citoyen est libre d’exprimer son opinion sous réserve des dispositions légales", a réagi sur twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, après la polémique soulevé par cette mesure.