RDC : les combats s'étendent vers le nord dans le conflit du M23

Les combats dans l'est de la République démocratique du Congo entre les forces gouvernementales et la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, se sont rapprochés  d'une ville stratégique du front nord du conflit, Kanyabayonga.

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CARTE RDC
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"Le M23 est à 5 km du centre de Kanyabayonga", a déclaré par téléphone un responsable administratif. 

Cité du Nord-Kivu située sur la route nationale 2, à une centaine de km au nord de la capitale provinciale Goma, Kanyabayonga est considérée comme un verrou contrôlant vers le nord les accès aux villes de Butembo et Beni. Ces dernières sont des  fiefs de l'importante tribu Nande et grands centres commerciaux du pays.

La ville compte plus de 60.000 habitants, auxquels s'ajoutent des dizaines de milliers de déplacés.

Progression du M23

"La situation est très mauvaise, la population commence à quitter" Kanyabayonga "en direction de Kayna", vers le nord, a ajouté le même responsable, dont l'anonymat est préservé pour des raisons de sécurité. 

"Kanyabayonga est en train de se vider", a indiqué en début de soirée une autre source.

Le M23 ("Mouvement du 23 mars"), actif depuis fin 2021, progresse depuis plusieurs jours vers Kanyabayonga, dans le territoire de Lubero, quatrième territoire du Nord-Kivu vers lequel la rébellion avance ses pions (après ceux de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi), en plus de ses velléités d'avancée vers le sud, vers la province du Sud-Kivu.

Jeudi, des combats ont également eu lieu dans le Masisi autour de Saké, localité située à une vingtaine de km à l'ouest de Goma et considérée comme un verrou stratégique sur la route de la capitale provinciale.

Les forces gouvernementales, épaulées notamment par une force régionale d'Afrique australe (SADC), ont fait face aux rebelles, sans avancée significative de part et d'autre, ont indiqué plusieurs sources.

Combats autour de Goma

Il y a une dizaine de jours, les forces armées congolaises (FARDC), également appuyées par les "wazalendo" (groupes armés dits "patriotes"), ont lancé des offensives pour tenter de reconquérir des zones occupées par la rébellion.

"Le matin, l'armée a lancé des bombes dans les collines et il y a eu réplique de l'ennemi", a indiqué un responsable d'un de ces groupes armés sous couvert d'anonymat. 

"La réplique du M23 a touché deux véhicules de la SADC", a-t-il ajouté. Selon lui, il n'y a pas eu de "dégâts humains", d'autres informations non confirmées faisant toutefois état de blessés. Ni la SADC ni les FARDC n'ont communiqué sur ces combats.

Le 3 mai, une quinzaine de civils avaient été tués dans un bombardement qui avait touché un camp de déplacés de la périphérie ouest de Goma.