Afrique

RDC : un ancien conseiller du président Félix Tshisekedi interpellé à Kinshasa

Le président de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, s'exprime lors du Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique 2022, à Washington, le 13 décembre 2022. 
Le président de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, s'exprime lors du Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique 2022, à Washington, le 13 décembre 2022. 
Evelyn Hockstein/via AP.

Après six heures d'audition au parquet général de Kinshasa, Fortunat Biselele, un ancien conseiller du président Félix Tshisekedi interpellé a été transféré vendredi 20 janvier à la prison de Makala. Selon la lettre d'informations Africa Intelligence, il "est suspecté de collusion avec le pouvoir rwandais de Paul Kagame". 

Fortunat Biselele, influent ex-conseiller privé du président Félix Tshisekedi a été transféré dans la nuit de vendredi, à la prison centrale de Makala, le  grand centre carcéral de Kinshasa, après six heures d'audition au parquet, a indiqué l'ACP, l'agence congolaise de presse.

En début de soirée, cette agence de presse avait annoncé l'arrivée de Fortunat Biselele au bureau du procureur:  "L'influent ex-conseiller privé du chef de l'État, Fortunat Biselele (a été) conduit sous bonne escorte au parquet". 

Dans deux vidéos publiées par cette source, on le voit, escorté par des militaires armés, monter les marches du Palais de justice où se trouve le parquet général de Kinshasa-Gombe. 

Fortunat Biselele avait été débarqué du cabinet présidentiel le 14 janvier, puis détenu en secret. Les motifs officiels ayant conduit à son interpellation et à sa détention  n'étaient pas encore connus. 

Mais dans un article publié vendredi, la lettre d'informations Africa Intelligence a affirmé que Fortunat Biselele "est suspecté de collusion avec le pouvoir rwandais de Paul Kagame". L'ex-conseiller "privé" du président congolais avait tenté de "rapprocher Kinshasa de Kigali au début du mandat de Tshisekedi", d'après ce média. 

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À re(voir) : RDC : le parti au pouvoir réagit aux propos de Paul Kagamé

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Les relations entre la RDC et le Rwanda sont aujourd'hui exécrables en raison de la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23), rébellion majoritairement tutsi vaincue en 2013, et qui a repris les armes fin 2021.

La RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles et de combattre avec eux. Kigali dément, accusant de son côté l'armée congolaise de collusion avec une rébellion hutu rwandaise implantée dans l'est de la RDC depuis le génocide tutsi de 1994 au Rwanda.

Des rebelles du M23 lors d'une cérémonie marquant le retrait de leurs positions dans la ville de Kibumba, le 23 décembre 2022.
Des rebelles du M23 lors d'une cérémonie marquant le retrait de leurs positions dans la ville de Kibumba, le 23 décembre 2022.
Moses Sawasawa (AP)

Pour tenter d'apaiser la situation, plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées, notamment par la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) et l'Angola. 

Jeudi, Kigali a accusé la RDC de chercher à "sortir" des processus de paix engagés à Luanda ainsi qu'à Nairobi dans le cadre de l'EAC.