RDC : un hélicoptère de l'ONU essuie des tirs

Un hélicoptère de l'ONU a essuyé des tirs de présumés rebelles du M23 et un engin explosif a semé la panique à la périphérie de la grande ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Image
onu

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) a annoncé vendredi le lancement avec l'armée congolaise d'une opération, appelée "Springbok", destinée à empêcher les rebelles du M23 de prendre Goma, dans l'est de la RDC.

AP Photo/Jerome Delay
Partager2 minutes de lecture

Selon l'ONU, deux Casques bleus sud-africains ont été blessés, dont un grièvement, dans l'attaque qui a visé dans les environs de Karuba, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), un hélicoptère de la Monusco (la Mission des Nations unies en RDC) qui effectuait une évacuation sanitaire. "L'appareil a pu atterrir en sécurité à Goma" (chef-lieu du Nord-Kivu), où les deux blessés ont été "médicalement pris en charge", précise la Monusco dans un communiqué.

La cheffe de la Monusco, Bintou Keita, "condamne fermement cette attaque contre un aéronef porteur de l'emblème des Nations unies, qui survient presque un an jour pour jour après un assaut similaire ayant coûté la vie à un Casque bleu sud-africain", indique le texte. Elle rappelle que "des menaces ont été directement proférées ces derniers temps contre la Monusco" par le M23, en soulignant que "les attaques contre les Casques bleus peuvent constituer un crime de guerre".

Des territoires en proie au conflit

Deux territoires du Nord-Kivu, Rutshuru et Masisi, sont en proie depuis fin 2021 à un conflit qui oppose la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars), soutenue par le Rwanda voisin, aux forces armées congolaises (FARDC) associées notamment à des groupes armés dits "patriotes". Après une courte accalmie durant les élections du 20 décembre, remportées par le président sortant Félix Tshisekedi, les affrontements font de nouveau rage depuis plusieurs semaines. Des combats ont notamment eu lieu récemment à Mweso, à 60 km de Goma et plus près de la ville, au niveau de Sake.

Le 2 février, un engin explosif a fait au moins deux blessés dans le quartier de Mugunga, à la périphérie de Goma. Des habitants paniqués ont immédiatement parlé d'une "bombe" tombée à proximité d'une école, tandis qu'un représentant de la société civile évoquait un obus de mortier. "On ne sait pas si la bombe est venue du côté ennemi ou côté ami. Il faut un expert pour savoir l'origine et la marque de l'engin", commentait par ailleurs une source sécuritaire sous couvert d'anonymat.

Quelques heures après l'explosion, le porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Guillaume Ndjike, a accusé le M23 d'avoir "largué une bombe" à partir de "la colline de Karuba", située à une vingtaine de km de Goma. "La bombe a fini sa course à Mugunga", a-t-il indiqué dans une déclaration à la presse.

Contexte de crise

Sur X (ex-Twitter), un porte-parole de la rébellion a démenti, affirmant que "les tirs" sur le quartier de Mugunga ne provenaient pas de ses positions mais de celles "de la coalition des forces du régime de Kinshasa". "Une maison a été entièrement détruite", a affirmé un habitant, tandis qu'une source hospitalière précisait avoir reçu deux blessés graves.

Dans ce contexte de crise, le chef des opérations de paix des Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, est en visite en RDC pour des rencontres consacrées au "désengagement" de la Monusco, présente dans le pays depuis près de 25 ans et dont Kinshasa demande le départ, la jugeant inefficace pour protéger les civils face aux groupes armés.

Un plan de retrait "progressif" de la Monusco des trois provinces où elle est encore déployée (Nord-Kivu, Ituri et Sud-Kivu) a été adopté en décembre. La première phase concerne le Sud-Kivu, d'où les Casques bleus seront partis d'ici fin avril.