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Référendum au Burundi : Pierre Nkurunziza, en passe d'obtenir les pleins pouvoirs ?

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© TV5MONDE

C'est l'heure de vérité pour président du Burundi. Pierre Nkurunziza saura ce 17 mai si sa quête du pouvoir absolu a abouti. Tout dépend de 4,8 millions d'électeurs qui doivent dire si "oui" ou "non", ils acceptent la réforme de la Constitution qui permettrait au chef de l'Etat de rester à son poste pour deux mandats supplémentaires.

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Très tôt ce 17 mai, ils sont des centaines de Burundais à s'être massés devant l'école primaire de Ngozi, transformée en centre de vote pour la journée. En tout, près de 5 millions de citoyens ont été appélés à s'exprimer sur la nouvelle réforme de la Constitution, voulu par le président du Burundi, Pierre Nkurunziza. "Ce jour est arrivé. Nous sommes très contents. Le peuple burundais vote aujourd'hui pour le projet de constitution" explique le Président.

L'ancien chef rebelle de 54 ans, au pouvoir depuis 2005, espère avec ce texte renforcer ses pouvoirs, déja très importants. La nouvelle Constitution pourrait notamment lui permettre de briguer deux autres mandats, de sept ans au lieu de cinq, et à partir de 2020. Il pourrait alors se maintenir au poste de président jusqu'en 2034. 
 
" Ce jour est arrivé. Nous sommes très contents. Le peuple burundais vote aujourd'hui pour le projet de constitution "                                                                                         Pierre Nkurunziza, Président du Burundi
Mais l'issue du vote ne fait guère de doute tant les voix discordantes ont été étouffées. Le pouvoir en place a décrété qu'il était interdit de faire campagne pour l'abstention.
Il y a quelques jours, le secrétaire général du parti au pouvoir avait menacé les électeurs du non, d'être des "ennemis du pays" et lors d'un meeting, il déclarait même la victoire du "oui" avant la tenue du référundum. "Maintenant que le "oui" a déja gagné, je vous déclare ceci : adieu les colons, adieu les coups d'Etat ", assure Evariste Ndayishimye, secrétaire géénérale du parti CNDD FDD. 

L'opposition en exil a appelé au boycott du texte qui n'a d'ailleurs été rendu public qu'à la dernière minute. Toute la campagne a été marquée par des enlèvements, des meurtres et arrestations arbitraires, selon des organisations de défense des droits de l'Homme. Il y a quelques jours, des violences ont fait 26 morts dans le nord-ouest du pays. De quoi empêcher tout réel débat démocratique. 

Le projet de révision constitutionnel a été condamnée par la communauté internationale. Au Burundi, la crise politique est responsable de la mort de plus de 1 200 personnes et de l'exil de près de 400 000 civils.