Afrique

Répression meurtrière des marches anti-Kabila en RDC

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Récit : Sophie Roussi / Montage : Lionel Perron

Le Comité laïc de coordination (CLC) qui a appelé aux manifestations anti-Kabila, annonce trois morts dans les marches du dimanche 25 février : deux dans la capitale Kinshasa et un à Mbandaka.

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La même volonté : celle de prier et de marcher pour une alternance politique en République démocratique du Congo. En face, la même réaction : la répression.
Fin décembre, fin janvier, fin février, un scénario identique.

Les catholiques congolais veulent défiler pour dénoncer le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila et l'enjoindre à ne pas se représenter aux prochaines élections. Mais la police empêche les marches et réprime. 

Dimanche 25 février, 3 morts ont été recensés par le comité laïc de coordination , un dans la ville de Mbadanka, deux dans la capitale Kinshasa dont un membre de la paroisse Saint Joseph.

Un membre de la famille d'une des victimes témoigne : "Après avoir tiré des gaz lacrymogènes, les militaires ont décidé de tirer à balles réelles. Il ( la victime ) a reçu une balle réelle au sein de l'église."

La police congolaise s'était engagée à une journée "zéro mort" et affirme qu'aucune victime n'est à déplorer.

La Monusco demande une enquête


L'ONU de son côté dénombre aussi près d'une cinquantaine de blessés et une centaine d'arrestations. La Monusco -mission des Nations unies en RDC- demande une enquête.

Par prudence, certaines paroisses ont préféré organiser des marches à l'intérieur des enceintes des églises pour ne pas affronter la police à l'extérieur, d'autres se sont contentés de lire un message du CLC.

Pour autant, la mobilisation et la ténacité des marcheurs ne faiblissent pas. Dans un communiqué, les organisateurs préviennent qu'il n'y aura "aucun répit pour le pouvoir tant qu'ils n'auront pas retrouvé leur dignité et leur liberté".

John Kaboto, membre du Comité laïc de coordination (CLC) prévient : "Nous sommes en train de déplorer ces actes ignobles qui sont en train de se solder à restreindre les droits de manifestation, un droit reconnu par notre Constitution."

Dans la soirée de dimanche, les barrages policiers ont été levés, internet et les SMS qui étaient coupés ont été rétablis.