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République du Congo : des ONG appellent à libérer le militant des droits humains Alexandre Ibacka Dzabana

Le Dr. Ibacka Dzabana (photo de sa page Facebook)
Le Dr. Ibacka Dzabana (photo de sa page Facebook)

Le Dr. Alexandre Ibacka Dzabana a été arrêté jeudi 11 mars à Brazzaville, à dix jours de l'élection présidentielle en République du Congo. Le gouvernement l'accuse de vouloir déstabiliser le processus électoral. Inquiètes de sa disparition, de nombreuses ONG réclament sa libération.

Le Dr Alexandre Ibacka Dzabana est le coordonnateur de la Plateforme congolaise des ONG des droits humains. Il a été arrêté jeudi par des agents de sécurité en civil, comme le racontent ces mêmes ONG. Ses proches en France ont également donné l'alerte le même jour auprès de l'Agence France Presse (AFP). Agé de 77 ans, souffrant d'hypertension, sa famille est très préocuppée pour son état de santé.

"Il s'agit d'un enlèvement parce qu'il a été arrêté par des hommes non identifiés. Le mode opératoire est celui d'une autre époque", a déclaré à l'AFP Trésor Nzila, de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH). "Nous demandons sa libération immédiate. Maintenant, s'il y a une procédure régulièrement engagée, nous exigeons qu’on lui garantisse tous les droits de la défense", a ajouté M. Nzila.

Le Dr Ibacka Dzabana a été identifié par son avocat dans les locaux de la Centrale d'intelligence et de la documentation, l'ex-direction générale de la surveillance du territoire (DGST). "Mais son avocat n'a pas été autorisé à lui parler", ont déploré les ONG dans un communiqué.

De source officielle dans l'appareil sécuritaire, l'activiste a été arrêté sous motif qu'il était en intelligence avec des officiers congolais de l'extérieur qui ont pour mission de déstabiliser le processus électoral.

L'élection présidentielle est prévue le 21 mars. Sept candidats sont en campagne depuis une semaine, dont le président sortant Denis Sassou Nguesso, 77 ans, dont 36 cumulés à la tête du pays. Il brigue un quatrième mandat, un deuxième depuis la réforme de la Constitution de 2015.

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Ses adversaires les plus en vue sont ses anciens ministres Mathias Dzon et Guy-Brice Parfait Kolélas, devenus de farouches opposants.

Les ONG demandent également la libération du journaliste Raymond Malonga, directeur d'un hebdomadaire satirique indépendant, très critique du pouvoir, arrêté début février pour "diffamation".