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Rwanda : pas de procès autour de l'assassinat de l'ancien président Habyarimana

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Pas de procès, faute de charges suffisantes : les juges antiterroristes français ont rendu une ordonnance de non-lieu dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien président rwandais Habyarimana le 6 avril 1994, juste avant le début du génocide.

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Il n'y aura pas de procès dans cette affaire qui empoisonne les relations franco-rwandaises depuis plus de 20 ans : sept proches du régime du président Kagame étaient mis en examen pour assassinat et complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Parmi eux, l'actuel ministre rwandais de la Défense James Kabarebe.

Ils étaient accusés d'avoir commandité l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président Juvénal Habyarimana, abattu à Kigali par un missile sol-air. La mort du président hutu avait déclenché le génocide contre la minorité tutsi qui a fait 800 000 morts selon l'ONU.

Pour Philippe Meilhac, l'avocat de la famille de l'ancien président, c'est une déception. Il estime que les témoignages existants dans le dossier n'ont pas été suffisamment pris en compte : "Il faut avoir en tête le contexte imposé par les autorités rwandaises, fait d'un certain nombre de pressions, de disparitions de témoins. De nombreux témoins ont été assassinés, qui ont disparu. Certainement aujourd'hui encore beaucoup ont peur de venir témoigner. Et si on ne prend pas en compte cette réalité-là, on ne prend pas en compte à leur juste mesure les charges existantes aujourd'hui dans ce dossier." 

La famille Habyarimana annonce déjà qu'elle fera appel pour permettre un réexamen complet du dossier. Elle dénonce une décision politique. Un argument balayé par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, qui recherche avant tout les responsables du génocide : "Tout peut être politique. On n'arrivera pas à convaincre ceux qui pensent que ce n'est pas le cas. Quand bien même cette décision serait politique, c'était la décision qu'il fallait prendre. Il n'y avait aucune raison de continuer à poursuivre les personnes qui étaient citées", affirme Alain Gauthier, président du Collectif.

Un dossier judiciaire diplomatiquement très compliqué à l'heure du rapprochement entre la France et le Rwanda et la désignation, il y a deux mois, de Louise Musikiwabo, l'ex-cheffe de la diplomatie rwandaise à la tête de l'organisation internationale de la francophonie.