Afrique

Sahara occidental : l'Afrique du Sud soutient "sans état d'âme" le Front Polisario

Des soldats du Front Polissario s'exercent au tir près de Mehaires dans la Sahara occidental ce 13 octobre 2021.<br />
 
Des soldats du Front Polissario s'exercent au tir près de Mehaires dans la Sahara occidental ce 13 octobre 2021.
 
AP Photo/Bernat Armangue, archives

L’Afrique du Sud a déroulé le tapis rouge, ce mardi 18 octobre, au chef du mouvement indépendantiste sahraoui, Brahim Ghali, leader du Front Polisario. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rappelé que Pretoria soutenait " sans état d'âme" la République arabe sahraouie (RASD) autoproclamée, au Sahara occidental. Retour sur le soutien de l'Afrique du Sud au Front Polisario.

Le président Cyril Ramaphosa avait déjà reçu le secrétaire général du Front Polisario en 2018 mais cette fois il s'agit d’une visite officielle d’État. Cyril Ramaphosa a rappelé que le gouvernement soutenait " sans état d'âme" la République arabe sahraouie (RASD) autoproclamée, au Sahara occidental

Liens anciens entre l'ANC et le Front Polisario


Les liens sont anciens entre l'ANC, le parti au pouvoir entre l'Afrique du Sud et le Front Polisario sont anciens. Ils remontent au temps de la lutte contre l’apartheid. Des militants de l'ANC venaient se former au maniement des armes chez les indépendantistes du Front Polisario. L'Afrique du Sud a reconnu la République arabe sahraouie (RASD) autoproclamée en 2004

En tant que Sud-Africains nous affirmons clairement que nous sommes fermes et sans état d'âme dans [...] notre soutien au peuple sahraoui.
Cyril Ramaphosa, président de l'Afrique du Sud.


Le Front Polisario (indépendantiste), soutenu par l'Algérie, veut un État indépendant au Sahara occidental, vaste étendue désertique que le Maroc considère comme faisant partie de son propre territoire.
 


"Nous sommes inquiets du silence qui persiste dans le monde concernant la lutte pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental", estime Cyril Ramaphosa lors d'une visite à Pretoria du chef du Front Polisario, Brahim Ghali.

"Nous estimons que d'autres luttes s'expriment à plus grand bruit (...) et c'est pourquoi en tant que Sud-Africains nous affirmons clairement que nous sommes fermes et sans état d'âme dans [...] notre soutien au peuple sahraoui", a ajouté le président sud-africain .

"C'est une lutte juste, c'est une lutte noble, c'est une lutte honorable, un peuple qui veut décider de son propre destin via l'autodétermination", a-t-il encore déclaré, en dressant une comparaison avec la lutte de l'Afrique du Sud contre le régime d'apartheid.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental se trouve à l'extrémité ouest du vaste désert du même nom, qui s'étend le long de la côte atlantique.

Le Front Polisario reconnu par l'Afrique du Sud en 2004


Le Polisario, qui a proclamé la RASD en 1976, continue de réclamer, avec le soutien de l'Algérie, la tenue d'un référendum d'autodétermination prévu par l'ONU au moment de la signature d'un cessez-le-feu entre les belligérants en 1991.

De son côté, le Maroc, qui contrôle 80% du territoire, prône une autonomie de ce territoire, mais sous sa souveraineté exclusive et rejette tout référendum où serait posée la question de l'indépendance. Les deux camps se livrent à une âpre bataille diplomatique pour s'assurer du soutien de leurs alliés.

L'ONU, qui considère le Sahara occidental comme un "territoire non autonome" en l'absence d'un règlement définitif, y a déployé une mission de maintien de la paix, la Minurso. L'Union africaine (UA) reconnaît la République arabe sahraouie comme un de ses membres.