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Sénégal : Khalifa Sall reste en prison

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Si l'arrêt de la Cour de la CEDEAO il y a quelques semaines avait laissé entrevoir la possibilité d'une libération de l'ancien mairie de Dakar, Khalifa Sall, le juge en charge du dossier au Sénégal l'a clairement écartée ce 18 juillet. 
 

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Les partisans de Khalifa Sall ne peuvent pas dissimuler leur colère depuis que le juge de la Cour d'appel du Sénégal a décidé de ne pas tenir compte de l'arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Un arrêt qui estime que l'ancien maire de Dakar n'a pas eu le droit à un procès équitable en première instance.

Pour ses avocats, le Sénégal bafoue ses engagements internationaux : "Nous sommes en désaccord avec la décision qui a été rendue. Nous pensons qu'elle est contraire au droit international des droits de l'Homme (...) aux engagements internationaux (et) à l'ordonnancement juridique du Sénégal parce que le Sénégal a ratifié le traité de la CEDEAO,(son) protocole donc ses actes juridiques font partie du droit national", pointe Amadou Aly Khane, avocat de Khalifa Sall.

Faux rétorque le juge de la Cour d'appel, qui estime que la CEDEAO ne peut pas "anéantir et fragiliser" l'autorité d'un juge national : "Je m'attendais à cette décision parce que nous sommes des juristes, nous ne sommes pas des tailleurs (...) Khalifa Sall a demandé à la CEDEAO que soit ordonnée sa libération immédiate et la cessation des poursuites engagées contre lui. La Cour de la CEDEAO l'a débouté pour ces deux chefs de demande​. Par conséquent, la Cour d'appel du Sénégal ne peut pas aller au-delà des termes du dispositif de l'arrêt de la CEDEAO", précise Boubacar Cisse, avocat de l'Etat.

Les avocats des deux parties interprètent chacun à sa manière cette décision de justice. Si la CEDEAO condamne clairement le Sénégal pour sa gestion de la procédure, entachée d'irrégularités, elle ne demande pas non plus la libération de Khalifa Sall.