Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye juge une réconciliation possible entre pays du Sahel et Cédéao           

Le nouveau président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye a jugé possible jeudi 29 mai à Bamako et Ouagadougou une réconciliation entre la Communauté des Etats ouest-africains et les trois pays du Sahel. Ces derniers ont rompu avec la Cédéao sous la conduite des pouvoirs militaires qui les dirigent.

Image
Bassirou Faye

Le président Bassirou Diomaye Faye lors de son discours d'investiture à Dakar le 2 avril 2024. 

 

 

 

AP Photo/Sylvain Cherkaoui)
Partager2 minutes de lecture

Bassirou Faye, investi en avril, s'est rendu jeudi 30 mai chez le voisin malien avant d'atterrir au Burkina Faso, effectuant sa première visite dans deux des trois Etats qui, avec le Niger, ont annoncé en janvier leur sortie de la Cedeao, l'accusant d'être inféodée à l'ancienne puissance coloniale française et de ne pas les avoir assez soutenus contre le djihadisme.

Les trois pays ont formé l'Alliance des Etats du Sahel (AES) et fondé une force antidijihadiste conjointe.

Bassirou Faye a dit avoir longuement parlé de la Cédéao avec le chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta. La position malienne, "quoique rigide, n'est pas totalement inflexible", a-t-il dit à la presse au côté du colonel Goïta.

La Cédéao est "très malmenée", mais "nous ne devons pas nous résigner et dire qu'on ne peut plus rien faire. Il y a des difficultés, il faut parler aux uns et aux autres et les comprendre et à partir du niveau de compréhension et des écarts de position, voir ce qu'il est possible de bâtir à partir du socle qui est existant", a-t-il dit.

"Je ne désespère pas de voir la Cedeao repartir sur des bases nouvelles qui nous évitent la situation que nous traversons aujourd'hui", a-t-il dit sans préciser la forme d'une éventuelle réconciliation.

"Je ne suis pas un médiateur de la Cédéao"

Il avait dit vouloir faire revenir au sein de la Cédéao ces trois pays.

Le président Diomaye Faye a cependant assuré ne pas être venu à Bamako en tant que "médiateur de la Cedeao", mais pour une "prise de contact" qui l'a conduit dans plusieurs autres pays ouest-africains auparavant. "Je ne suis mandaté par aucune instance de la Cedeao", a-t-il insisté.

Arrivé au Burkina dans l'après-midi, M. Faye a été accueilli à Ouagadougou par le chef du pouvoir militaire, le capitaine Ibrahim Traoré. 

Les relations entre ce pays et la Cédéao ont également été évoquées. "Je comprends aujourd’hui que les positions soient quelque peu figées, mais je perçois dans chacune de ces positions une fenêtre d’ouverture qui permet de nouer un fil de dialogue", a déclaré le président sénégalais, cité dans un communiqué du pouvoir burkinabè.

Selon la même source, Bassirou Diomaye Faye a affirmé "l'engagement" de son pays "aux côtés" du Burkina. Les deux Etats souhaitent "raffermir" leurs "relations", notamment sur "le plan commercial", selon ce texte.

Bassirou Diomaye Faye a été élu en promettant la rupture avec l'ancien système. Le chef de l'Etat prêche le panafricanisme et le souverainisme qui sont aussi des mots d'ordre des régimes militaires qui ont pris le pouvoir lors de putschs successifs au Mali, au Burkina et au Niger depuis 2020.

Le Sénégal partage des centaines de kilomètres de frontières avec le Mali et entretient avec lui d'importantes relations commerciales et humaines. La situation sécuritaire au Mali et au Sahel et le risque de propagation au Sénégal réputé pour sa stabilité sont de longue date une préoccupation forte à Dakar.