Sénégal : les manifestations du 3 avril de l'opposition reportées

L'opposition sénégalaise annonce le report de manifestations à risques qu'elle avait prévues le 3 avril. Cela intervient après des tensions dans le pays à la faveur d'un de ses chefs, Ousmane Sonko. 
Image
sonko sénégal
Des partisans d'Ousmane Sonko manifestent leur soutien dans les rues de Dakar le 14 mars 2023 (photo d'illustration)
AP Photo/Sylvain Cherkaoui
Partager2 minutes de lecture
Dans un communiqué, l'opposition sénégalaise annonce reporter des manifestations à risques prévues le 3 avril. Ce report s'est fait  en "tenant compte des échanges avec de hauts gradés des Forces de défense et de sécurité de notre pays et aussi de larges concertations", selon le communiqué. 
 

Quasi simultanément, le préfet de Dakar a interdit la manifestation de lundi dans la capitale pour "risques de troubles à l'ordre public", selon un communiqué. L'opposition avait annoncé des marches et manifestations à Dakar et dans le pays les 29 et 30 mars et le 3 avril, avant et après le procès d'un de leurs chefs, Ousmane Sonko.

TV5 JWPlayer Field
Chargement du lecteur...

Il a comparu le 30 mars pour diffamation contre le ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang. Ce dernier lui reprochait d'avoir déclaré qu'il avait été épinglé par un rapport de l'Inspection générale d'Etat (IGE) pour sa gestion d'un fonds pour l'emploi des jeunes.

Sonko conserve son éligibilité

Ousmane  Sonko a été condamné à deux mois de prison avec sursis et doit verser 200 millions de francs CFA (300 000 euros) de dommages et intérêts au ministre. L'opposant conserve cependant son éligibilité pour l'élection présidentielle de 2024. 

TV5 JWPlayer Field
Chargement du lecteur...

Le parquet et la partie civile ont fait appel du jugement. La veille du jugement de Ousmane Sonko, une manifestation de soutien, interdite par les autorités, avait donné lieu mercredi à Dakar à des heurts entre les forces de l'ordre et des opposants.

Ousmane Sonko et ses supporteurs accusent le pouvoir d'instrumentaliser la justice pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle de février 2024. Le parti présidentiel accuse M. Sonko de vouloir paralyser le pays et de se servir de la rue pour échapper à la justice. Le président Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, reste muet sur ses intentions en 2024.

14.693425, -17.447938