Sénégal : l'opposant Ousmane Sonko dit ne plus vouloir collaborer avec la justice

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ARCHIVES. Le chef de l'opposition sénégalaise Ousmane Sonko s'adresse aux journalistes après sa libération de garde à vue à Dakar, au Sénégal, le lundi 8 mars 2021.

©AP Photo/Sylvain Cherkaoui, Archives
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L'opposant sénégalais Ousmane Sonko a déclaré dimanche 7 mai qu'il ne répondrait plus aux convocations des juges sans garantie pour sa sécurité, la veille de son procès en appel dont pourrait dépendre sa candidature à la présidentielle.

"On n’a jamais vu dans le monde entier un citoyen libre convoqué au tribunal être victime d’autant de harcèlement et de tentatives de liquidation physique". 

Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle au Sénégal de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, s'est exprimé sur les réseaux sociaux à propos des incidents auxquels il a été confronté lors de ses déplacements au tribunal​​​​.

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"Ce n'est plus de la justice, c'est du banditisme judiciaire et c'est pourquoi j'ai pris la décision, toujours dans le cadre de ma campagne de désobéissance civile, de ne plus collaborer avec cette justice", a-t-il dit. "Si la justice, si l'État ne peuvent pas garantir le minimum de sécurité (...), je ne me présenterai plus devant cette justice pour répondre à quoi que ce soit", a-t-il dit.

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Ousmane Sonko a maille à partir avec la justice depuis deux ans et le dépôt d'une plainte contre lui pour viols. Il clame son innocence et crie au complot du président Macky Sall pour l'écarter de la présidentielle.

Son procès pour "viols et menaces de mort" après une plainte d'une employée de salon de beauté de Dakar est audiencé le 16 mai. 

L'opposant est, dans une autre affaire distincte, poursuivi par le ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang, pour "diffamation, injures et faux". Il a été condamné en mars en première instance à deux mois de prison avec sursis et 200 millions de francs CFA (300 000 euros) de dommages et intérêts. Le procès en appel se tiendra ce lundi 8 mai. Son éligibilité pour la présidentielle de 2024 pourrait être remise en cause par une condamnation plus lourde en deuxième instance.

Les rendez-vous de Ousmane Sonko avec la justice sont communément sources de tensions et de quasi-paralysie de Dakar. Il s'y rend généralement avec un cortège de sympathisants.

En 2021, son interpellation alors qu'il se rendait en cortège chez le juge dans l'affaire de viols présumés avait contribué à déclencher plusieurs jours d'émeutes qui avaient fait au moins une douzaine de morts.

Le 16 février, il avait été sorti de force de son véhicule par les forces de sécurité après s'être rendu au procès en diffamation finalement renvoyé au 16 mars. Un mois plus tard, les forces de sécurité l'avaient aspergé d'un gaz et à nouveau extrait de sa voiture.

Le président Sall a accusé Ousmane Sonko de se servir de la rue pour tenter d'échapper à la justice.