Sénégal : Macky Sall va s'exprimer sur l'organisation du scrutin présidentiel

Accusé par quinze candidats à la présidentielle au Sénégal de "mauvaise volonté", le président, Macky Sall, prendra la parole, au soir du jeudi 22 février. Il dévoilera ses plans en vue de l'organisation du scrutin présidentiel.

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Des manifestants protestent contre la décision du président Macky Sall de reporter le scrutin du 25 février, invoquant un différend électoral entre le parlement et la justice concernant certaines candidatures, à Dakar, Sénégal, le vendredi 9 février 2024.

Des manifestants protestent contre la décision du président Macky Sall de reporter le scrutin du 25 février, à Dakar, au Sénégal, le 9 février 2024.

Stefan Kleinowitz (AP)
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Le chef de l’État sénégalais sera interrogé, jeudi soir, par trois médias sénégalais, dont la Radio télévision du Sénégal (RTS), a fait savoir la présidence.

Le Sénégal traverse une crise politique inédite depuis son indépendance après la décision, début février 2024, du président et de l'Assemblée nationale de reporter au 15 décembre. Elle était initialement prévue le 25 février. Ce report est dénoncé comme un "coup d’État constitutionnel" par l'opposition. Il a engendré des manifestations qui ont fait quatre morts.

La semaine dernière, le Conseil constitutionnel a opposé son veto à cet ajournement et au maintien de Macky Sall à son poste jusqu'à l'installation de son successeur. Le Conseil a constaté l'impossibilité de maintenir la présidentielle le 25 février et demandé aux autorités de l'organiser "dans les meilleurs délais".

Mener "les consultations nécessaires"

Le 16 février, Macky Sall a partagé son intention de respecter la décision du Conseil et de mener "sans tarder les consultations nécessaires" à l'organisation du scrutin. Les Sénégalais attendent à présent d'en connaître la nouvelle date.

Mercredi 21 février, lors du conseil des ministres, le chef de l’État a demandé que "toutes les dispositions" soient prises "pour une bonne organisation de l’élection présidentielle à une date qui sera fixée très prochainement, après les consultations avec les acteurs politiques, les responsables de la société civile et les représentants des forces vives de la Nation", selon le compte-rendu du conseil. Il a "également réaffirmé son engagement pour un processus inclusif de concertation et de dialogue afin de bâtir des consensus autour de la réconciliation nationale, de l’apaisement et de la pacification de l’espace public en vue de consolider la stabilité politique, économique et sociale."

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Dans ce contexte, il a aussi demandé à la ministre de la Justice, Aïssata Tall Sall, "de finaliser les projets de textes pour matérialiser la volonté de réconciliation et de pardon dans le respect de l’État de droit et la consolidation de la paix sociale durable".

Pot de départ

 

Une loi d'amnistie a été évoquée il y a une semaine. Elle permettrait la libération du principal opposant, Ousmane Sonko. Ce dernier est condamné pour, entre autres, atteinte à la sûreté de l'Etat. Son adjoint, Bassirou Diomaye Faye, candidat à la présidentielle, est également emprisonné.

Le collectif citoyen "Aar Sunu Election" ("Protégeons notre élection") a annoncé un nouveau rassemblement samedi 24 février. Il réclame la tenue du scrutin avant le 2 avril, date de fin officielle du second mandat de cinq ans du président. Aar Sunu Election demande aux participants de venir symboliquement avec leur carte d'électeur, mais aussi avec des denrées ou des boissons pour ce qui se veut le "pot de départ" de Macky Sall.

 

"Lenteur inexplicable"

"Une lenteur inexplicable est constatée. Rien n'a été entrepris" malgré les développements de la semaine passée, ont déploré quinze candidats dans un communiqué commun publié, mardi 20 février."Tout fonctionne au rythme de la mauvaise volonté du président Macky Sall."

Parmi les signataires, figurent l'ancien maire de Dakar, Khalifa Sall et, via son mandataire, Bassirou Diomaye Faye, présenté comme le candidat de substitution d'Ousmane Sonko. Ils estiment que le processus électoral aurait dû reprendre et accusent le président de refuser d'assumer sa mission d'organiser l'élection.

Le pays est, par ailleurs, en proie à une vive querelle sur la tenue du scrutin avant ou après le 2 avril, et sur une reprise à zéro, ou non, du processus d'homologation des candidatures.