Afrique

Sénégal : un pont sur le fleuve Gambie

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TV5MONDE - M. CHEVANCE

Il était attendu depuis des décennies. Et particulièrement par les habitants de la Casamance. Enfin un pont sur le fleuve Gambie, pour désenclaver le Sud du Sénégal. La région a toujours souffert de son isolement géographique. Ce nouveau pont ouvre des espoirs.

Enfin un pont sur le fleuve Gambie. L’ouvrage a été inauguré le 21 janvier. Son coût, 75 millions d’euros financés par la Banque Africaine de Développement. Il était très attendu par les populations et les acteurs économiques depuis des décennies. Et
particulièrement par les habitants de la Casamance, cette région touristique et agricole dont le développement a été freiné par son isolement géographique. Avec ce pont, le trajet Dakar-Ziguinchor se ferra en 8 heures et le trafic désengorgé.


L’abbé Coly roule depuis l’aube, direction son village natal en Casamance pour les
vacances. Il traverse le fleuve Gambie par le pont pour la première fois. Tout un
symbole.

« C’est émouvant, c’est émouvant. On peut faire beaucoup de choses. Un aller-retour
le même jour. C’est un grand changement vraiment, un grand changement au profit de toutes ces populations. Surtout ce petit peuple qui fait la traversée pour le travail ou le commerce, c’est très important ».
Jean-Louis Coly, prêtre

Auparavant relier le nord au sud du Sénégal était le parcours du combattant. Des jours
d’attente pour traverser le fleuve Gambie ou un détour par les terres de 500 kilomètres.
Francisca compte bien profiter de ce pont. Dans son village, Bignona, au sud du pays,
elle produit du jus de citron, qu’elle ne vend qu’ici. Désormais, elle espère envoyer sa
marchandise jusqu’à la capitale, et fini le stock sur les bras.

« Notre marchandise ne se gâte pas. On emmène ça direct à Dakar. Si tu emmènes làbas le litre est à mille francs, donc tu gagnes plus qu’ici. C’est quelque chose qui est
bien pour la Casamance. C’est bien »
. Francisca Manga, transformatrice de produits agricoles

Mais le pont ne profite pas encore à tout le monde. Les camions doivent toujours
emprunter le bac. Quelques mois encore, le temps d’achever les travaux
d’aménagement. Moussa est arrivé depuis hier. Il n’est même pas sûr de pouvoir
traverser aujourd’hui et ses conditions d’attente sont précaires.

« Il n’y a pas suffisamment d’eau, pas de douche. Il n’y a que la forêt. Il y a des grandsmères qui vendent des repas, pour avoir quelque chose à manger, avec de l’eau. Mais ça ne suffit pas ». Moussa Diop, chauffeur de camion

Enjamber le fleuve Gambie, c’était un rêve de plus de trente ans, avec à la clé la
promesse de doper les échanges commerciaux dans la sous-région.