Afrique

Sénégal : une précampagne présidentielle sous tension

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© TV5MONDE

À un mois de l'élection présidentielle au Sénégal, prévue le 24 février prochain, la tension monte après l'invalidation des candidatures des opposants Karim Wade et Khalifa Sall. Ce vendredi 25 janvier, des étudiants ont manifesté, bravant l'interdiction des autorités.
 

Jets de pierres contre gaz lacrymogène. Les étudiants ont organisé une marche, pourtant interdite par les autorités. L'opposition appelle à occuper la rue et empêcher la tenue du scrutin. Les forces de l'ordre se sont déployées massivement. Résultat : la mobilisation côté étudiants était moins imposante. Mais ceux qui sont là sont déterminés.

On en a marre de Macky Sall, il est devenu impopulaire, et minoritaire dans le pays. La seule chose qui lui reste, c'est voler les élections, mais ça ne passera pas !

Un étudiant interviewé dans la manifestation

Les candidatures des opposants Karim Wade et Khalifa Sall ont été invalidées par le Conseil constitutionnel, ce qui a provoqué la colère de l'opposition. La société civile, à l'instar de l'ONG Amnesty International, s'inquiète de cette montée de tension. "Le camp du pouvoir a recruté des centaines de personnes dans la banlieue qui auraient été formées pour assurer le service d'ordre, explique Seydi Gassama, le sécrétaire général de l'ONG Amnesty International. L'opposition a aussi recruté plein de personnes."

Notre crainte, c'est que ces personnes, qui ne sont pas formées pour le maintien de l'ordre, vont très facilement à la moindre provocation, commettre des exactions.

Seydi Gassama, sécrétaire général de l'ONG Amnesty International

Le siège de Pastef saccagé

Dans la même veine, le siège du parti Pastef dirigé par Ousmane Sonko a été saccagé ce jeudi 24 janvier. Des hommes armés sont entrés dans le bâtiment dans la nuit. Ordinateurs, mobiliers, tout a été détruit. Pas de quoi décourager les militants qui assurent, en la personne de Biram Souleye Diouf, l'administrateur général de Pastef, "continuer leur projet politique, tranquillement".

Nous allons continuer à dire à nos militants : "Continuez le travail que vous faites, et ne répondez pas à la provocation !"

Biram Souleye Diouf, l'administrateur général de Pastef

Le parti pointe du doigt la majorité présidentielle, qui tente selon eux des intimidations. À un mois de la présidentielle, le climat se tend. L'opposition prévoit une journée d'action nationale.