Afrique

Sénégal : vers la censure sur les réseaux sociaux ?

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TV5Monde

C'est un texte législatif qui suscite la polémique au Sénégal. Le code des communications électroniques prévoit de nouvelles règles pour encadrer internet. Mais de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer certaines dispositions jugées liberticides et anti-démocratiques.

 

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Whatsapp, Facebook Messenger, Skype ou encore Viber : autant de moyens de communication  qui pourraient être menacés. Au Sénégal, la très controversée loi sur le contrôle des communications électroniques via internet est passée à l'Assemblée nationale.
Une loi et plus précisément l'alinéa de l'article 27 qui dérangent et laissent planer le menace d'une éventuelle censure : "L’Autorité de régulation peut autoriser ou imposer toute mesure de gestion du trafic qu’elle juge utile pour, notamment, préserver la concurrence dans le secteur des communications électroniques et veiller au traitement équitable de services similaires".

Dans cette université  de Dakar, Emmanuel Sokh, professeur et juriste, veut prévenir ses élèves. Dans sa classe ce matin, une seule d'entre eux a entendu parler de  l’adoption de cette loi. Pourtant, Internet  fait partie  de  la  vie  quotidienne  de  ces étudiants  ultra connectés. "Peut être que demain, en période électorale, vous pourrez avoir votre audio sur
whatsapp qui sera délivré deux jours après ou votre tweet balancé deux jours après. Ce sontdes cas de figures qui sont à prévoir aujourd’hui
", prévient Emmanuel Sokh.

Papa  Ismaïla  Dieng  est  un  blogueur  sénégalais  influent sur les réseaux sociaux
Depuis  mercredi  sur sa  page Facebook, les commentaires sur l’adoption de cette loi pullent. Connu  pour  son  franc  parler, il craint que cet article 27 menace  directement  son  activité : "C’est une menace qui plane au dessus de ma tête, elle n’est pas  physique ni légale comme le risque d’aller en  prison mais c’est juste quelqu’un peut désormais exclure mon contenu du web. Ca peut changer énormément de choses. C’est également en tant que citoyen que mon accès à internet ne va plus être démocratique".

Les autorités, elles, parlent d'un simple problème d'interprétation. Une communication qui malgré tout, ne dissipe pas les inquiétudes, notamment concernant les futures échéances électorales.