Afrique

Soldats ivoiriens détenus au Mali : Macky Sall rencontre le colonel Assimi Goïta à Bamako

Lundi 15 août 2022, le chef d'État sénégalais et actuel président de l'Union africaine en exercice Macky Sall à rencontré à Bamako (Mali) le chef militaire au pouvoir, le colonel Assimi Goïta. 
Lundi 15 août 2022, le chef d'État sénégalais et actuel président de l'Union africaine en exercice Macky Sall à rencontré à Bamako (Mali) le chef militaire au pouvoir, le colonel Assimi Goïta. 
Présidence de la République du Mali ( capture twitter).

Macky Sall, le président en exercice de l’Union africaine, est arrivé au Mali ce lundi 15 août. Les négociations pour la libération des 49 soldats ivoiriens arrêtés à l’aéroport de Bamako en juillet sont au coeur de ce déplacement. Les militaires, emprisonnés pour “tentative à la sûreté de l’État”, sont accusés par le pouvoir malien d’être des “mercenaires”. 

Président en exercice de l'Union africaine (UA), le chef de l'État sénégalais Macky Sall est en déplacement au Mali. En visite à Bamako, le dirigeant sénégalais a été reçu par le chef des forces militaires au pouvoir au Mali, le colonel Assimi Goïta. 

À la suite de cet échange, le président Sall a dit "vouloir trouver une solution africaine" à ce contentieux. Macky Sall a précisé que cette solution peut s’inscrire "dans le cadre d'une solidarité africaine". "Le Mali reste disponible à dialoguer", a-t-il poursuivi. 
 
 

Abidjan exige la libération des ses soldats

Depuis le 15 août, la justice malienne a confirmé l’inculpation officielle des 49 militaires ivoiriens. Détenus depuis plus d'un mois, ils sont soupçonnés par les militaires au pouvoir au Mali d'être des "mercenaires". Ils sont accusés de "tentative d'atteinte à la sûreté de l'État", "Il a été procédé les 10, 11 et 12 août à leur inculpation (...) et à leur placement sous mandat de dépôt" pour des faits de "crimes d'association de malfaiteurs, d'attentat et complot contre le gouvernement, d'atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat, de détention, port et transport d'armes de guerre et de complicité de ces crimes", a indiqué le procureur Samba Sissoko dans un communiqué.
  Depuis le début de la crise, la Côte d’Ivoire ordonne la libération “sans  délai" de ses militaires. La présidence ivoirienne assure que les 49 soldats étaient présents au Mali dans le cadre d’une mission pour l’ONU. D’après les informations du Conseil national de sécurité ivoirien (CNS), présidé par le chef de l'État ivoirien Alassane Ouattara, ils ont été "injustement" arrêtés. Leur présence dans le cadre d'opérations de soutien logistique à la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) est "bien connue des autorités maliennes", selon le CNS.

L'ONU confirme ces informations, mais reconnaît cependant des "dysfonctionnements", quant à la mission exacte des ces soldats. Ils font partie des “Eléments nationaux de soutien" (NSE), une procédure de l'ONU permettant aux contingents des missions de maintien de la paix de faire appel à des prestataires extérieurs pour des appuis logistiques.
 
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Les négociations pour libérer les soldats ont débuté


Depuis plusieurs semaines, le Togo joue le rôle de médiateur entre la Côte d'Ivoire et le Mali. Mais de premières négociations entamées le 28 juillet à Lomé n'ont pas permis d'enregistrer de progrès. "La Côte d'Ivoire a privilégié le dialogue" pour obtenir la libération de ses soldats et "les discussions sont en cours", a confirmé le 10 août le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly. "Tout est mis en œuvre pour que nos soldats rejoignent leurs familles", a-t-il affirmé, reconnaissant que "ce sera peut-être long".
Nous poursuivons les discussions avec les deux pays frères, résolument tournés vers un règlement pacifique de l'affaire
Source togolaise proche du dossier des soldats ivoiriens emprisonnés au Mali
Dans le sillage de ces pourparlers, le Mali a exigé que la Côte d'Ivoire reconnaisse sa responsabilité et exprime "des regrets" pour le déploiement de soldats sur son territoire sans cadre légal, selon des sources diplomatiques proches des négociations. Bamako demande également à Abidjan de lui livrer des personnalités maliennes présentes en Côte d'Ivoire et recherchées par la justice du Mali, selon ces sources. Autant de conditions rejetées par le gouvernement ivoirien. Mais "nous poursuivons les discussions avec les deux pays frères, résolument tournés vers un règlement pacifique de l'affaire", selon une source togolaise proche du dossier.
  Le président du Haut conseil islamique du Mali, Chérif Madani Haïdara, et l'archevêque de Bamako, Jean Zerbo, sont aussi intervenus auprès de la junte en vue d'un règlement à l'amiable. Il en est de même pour l'influent chef religieux de Nioro (sud-ouest du Mali), Chérif Bouyé Haïdara, selon leurs entourages. Avant l’inculpation des soldats, ces discussions étaient présentées comme une "preuve" de la volonté apparente du Mali de privilégier une solution négociée. 

Cette affaire illustre les tensions entre le Mali et la Côte d'Ivoire, accusée par Bamako d'avoir incité ses partenaires ouest-africains à durcir les sanctions contre les militaires maliens auteurs de deux coups d'Etat depuis 2020, sanctions finalement levées début juillet. Dans un discours samedi 7 août, le président Ouattara s’est exprimé au sujet des soldats emprisonnés. Il a assuré que "la Côte d'Ivoire ne les abandonnera jamais".