Afrique

Sommet Ticad: le Japon souhaite un développement "mené par les Africains"

Le Premier ministre japonais Fumio Kishida, lors d'une conférence de presse à la résidence officielle du Premier ministre à Tokyo le 10 août 2022. 
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida, lors d'une conférence de presse à la résidence officielle du Premier ministre à Tokyo le 10 août 2022. 
(Rodrigo Reyes Marin/Pool Photo via AP, Fichier)

Le Japon dit vouloir instaurer un vrai "partenariat" avec l'Afrique pour "un développement mené par les Africains", lors de son sommet triennal avec le continent à Tunis les 27 et 28 août. Un partenariat menacé par la forte présence de son concurrent chinois dans la région. 

La Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD) a été lancée en 1993 par le Japon en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique de l'ONU, puis avec la Banque mondiale depuis 2000. Le but de cette intitiative était de promouvoir un dialogue politique entre les dirigeants africains, le Japon et leurs partenaires dans le développement. 

C'est sa huitième édition qui aura lieu à Tunis du 27 au 28 août 2022.

Officiellement, le sommet Ticad 8 (Tokyo International Conference on African Development) a pour objectif de "discuter comment créer ensemble un monde durable", dans "le contexte complexe de l'épidémie de Covid et la situation en Ukraine".

Le Japon "entend fortement soutenir un développement mené par les Africains eux-mêmes", indique le ministère des Affaires étrangères sur son site. Présentant le sommet, il souligne les atouts d'une économie japonaise: "une croissance de qualité" et "l'accent mis sur la population".

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Même si "l'Afrique concentre les contradictions de l'économie mondiale telles que les inégalités et les problèmes environnementaux, une croissance dynamique y est attendue, soutenue par une population jeune", selon le ministère.

Environ 5.000 participants parmi lesquels 30 chefs d'Etat et de gouvernement venus de toute l'Afrique sont attendus à ce sommet qui s'achèvera dimanche midi.

Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, qui a contracté le Covid juste avant le sommet, fera ses interventions en ligne depuis le Japon.

En marge du sommet, un forum économique réunissant des hommes d'affaires est prévu ainsi que des "évènements parallèles" associant la société civile autour de l'inclusion des femmes et l'innovation.

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Depuis leurs créations en 1993, les sommets Ticad, co-organisés avec les Nations Unies, la Banque mondiale et l'Union africaine, ont généré 26 projets de développement dans 20 pays d'Afrique.

Augmenter les aides de 40%

Les trois principales thématiques du sommet seront l'économie avec "un accroissement prévu des investissements japonais en Afrique", notamment en soutien aux starts-ups et à l'économie verte, ainsi que ceux visant à "renforcer la sécurité alimentaire", selon la présentation officielle. 

En plus de 130 millions de dollars d'aide alimentaire déjà prévue, le Japon prévoit de "fournir une assistance pour la production de riz, afin de la faire doubler à moyen long terme".

Le journal économique nippon Nikkei a assuré que les aides japonaises à l'Afrique pourraient augmenter de 40% pour les trois années à venir, par rapport à la période précédente (2020-2022).

Le quotidien bien informé estime qu'il s'agit d'"une réponse" de Tokyo aux Etats-Unis, à l'Europe et au grand rival chinois qui augmentent tous leur présence en Afrique.

Interrogé sur ce point, un responsable du ministère japonais des Affaires étrangères a dit mercredi 24 août à l'AFP que "la diplomatie africaine du Japon pouvait être résumée en deux mots: appropriation et partenariat".

"Le Japon veut faire de l'Afrique un partenaire et croître ensemble" à travers "des initiatives concrètes", a-t-il ajouté.

Environnement durable et démocratie solide

Deuxième axe du sommet: "construire un environnement résilient et durable" à travers des programmes "mettant l'accent sur les ressources humaines", dans la santé et l'hygiène, l'éducation et l'environnement, notamment la prévention des catastrophes naturelles. 

Troisième thématique: soutenir "la consolidation de la démocratie, l'Etat de droit, la prévention des conflits et les médiations", notamment au Sahel et dans la Corne de l'Afrique.

Hôte du sommet, la Tunisie espère tirer son épingle du jeu notamment dans la santé, les industries automobile et spatiale et les énergies renouvelables, avec plus de 80 projets d'une valeur de 2,7 milliards de dollars mis sur la table, selon le président de la chambre de commerce tuniso-japonaise Hedi Abbès.

Ces chantiers, proposés aux investisseurs privés tunisiens et africains, sont censés déboucher sur la création de 35.700 emplois.

Avec ses capacités industrielles, la Tunisie espère devenir une locomotive pour la production de médicaments et vaccins.

Lors d'un sommet sur le Covid-19 en mai, le Premier ministre japonais avait insisté sur l'importance "de promouvoir la production locale de médicaments et produits pharmaceutiques dont des vaccins", et annoncé une aide "allant jusqu'à 200 millions de dollars" pour "accroître les capacités productives en Afrique".