Afrique

Soudan du Sud : les Soudanais ne croient plus à la paix

Chargement du lecteur...
TV5MONDE

Une résolution a été votée, hier, au Conseil de sécurité des Nations unies, à New York. Elle concerne le Soudan du Sud, en proie à la guerre civile depuis 2013. L'accord de paix signé en 2015 a été maintes fois violé, d'où cet ultimatum lancé au président Salva Kiir : soit un accord politique viable est trouvé, soit des sanctions seront appliquées avant la fin du mois.

dans

Riek  a quitté son pays il y a 4 ans, quand la guerre civile a éclaté. Il vit désormais à Addis Abeba, en Ethiopie, avec sa famille. Il cherche à obtenir l'asile pour reconstruire sa vie. A 35 ans, Riek n'a connu que la guerre : "Quand j'étais enfant, j'ai grandi dans la guerre parce que nous luttions pour l'indépendance contre le Soudan. Il y avait des combats tous les jours. Personne n'avait une bonne vie. Pas d'école. Depuis que je suis enfant, je n'ai rien accompli en tant que personne à cause de la guerre."

Si la communauté internationale mettait une bonne pression, peut-être que la paix viendrait. 
Riek, réfugié soudanais en Ethiopie

Riek était membre de la délégation des réfugiés lors des pourparlers de paix qui viennent d'échouer en Ethiopie. Il a perdu toute confiance dans les hommes politiques et les médiateurs du conflit : "Nous avons perdu tout espoir, maintenant. Si la communauté internationale mettait une bonne pression, peut-être que la paix viendrait. Sinon le Soudan du Sud ne sera pas un pays pacifique," confie Riek.

Catastrophe humanitaire dans les camps de réfugiés

Riek fait partie des 4 millions de réfugiés, un tiers de la population sud-soudanaise, que l'on retrouve pour moitié dans les pays voisins ou, pour l'autre moitié, sous des tentes à l'intérieur du pays. "Nous sommes venus ici parce que l'ennemi a attaqué notre région et ils ont tué mon mari, ils ont incendié nos maisons et des personnes ont même été brûlées vives. Plusieurs femmes ont été violées. Moi aussi, J'ai été violée par dix hommes mais j'ai réussi à m'échapper avec mes enfants," raconte Nyapucka Riak Kai qui, avec ses 9 enfants, a trouvé refuge dans ce camp de fortune au milieu de la brousse il y a quelques jours.

Sur place, c'est une véritable catastrophe humanitaire. Des dizaines de milliers de morts, des atrocités de masse... Selon l'UNICEF, 7 millions de personnes sont en état de quasi famine. Une famine causée par la rivalité politique entre deux hommes : le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Depuis 2013, le Soudan du Sud est plongé dans une guerre civile qui oppose le gouvernement sud-soudanais du président Salva Kiir à une rébellion dirigée par l'ex vice-président Riek Machar. Le plus jeune pays du monde doit aujourd'hui faire face à une crise économique et humanitaire qui a entraîné la fuite de plus de 2 millions de personnes.