Soudan : les FSR progressent dans le centre, les civils pris dans l'étau

Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis huit mois contre l'armée soudanaise, ont établi, dimanche 17 décembre,  une base dans une grande ville du centre-est du Soudan. Des milliers de personnes y ont trouvé refuge.

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De la fumée s'élève au-dessus de Khartoum, au Soudan, le 8 juin 2023, alors que les combats entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide se poursuivent.

De la fumée s'élève au-dessus de Khartoum, au Soudan, le 8 juin 2023, alors que les combats entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide se poursuivent.

AP
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"Les FSR ont établi des positions dans le quartier de Malakeya, dans l'est de Wad Madani", selon un correspondant de l'AFP. Vendredi 15 décembre, les combats entre l'armée soudanaise et les paramilitaires ont gagné cette ville située à 180 kilomètres au sud de Khartoum, dans l’État d'al-Jazira. Wad Madani est devenue un refuge pour plus de 86.000 déplacés fuyant les combats dans la capitale, selon les Nations unies (ONU).

Chef-lieu de l’État d'al-Jazira, Wad Madani compte plus de 270.000 personnes ayant besoin d'"aide". La cité constituait jusque-là un "hub humanitaire", d'après l’ONU. Face à l’avancée des FSR, l'agence humanitaire des Nations unies à suspendu son aide "jusqu'à nouvel ordre" dans cet Etat.

Inquiétude

Les États-Unis ont réagi par la voix du porte-parole du département d’État, Matthew Miller, dans un communiqué. "Wad Madani est devenu un refuge pour les civils déplacés et constitue une plaque tournante importante pour l'aide humanitaire internationale. La poursuite de l'avancée des FSR risque de faire de nombreuses victimes civiles et de perturber considérablement les efforts d'aide humanitaire, a-t-il déclaré. Nous demandons instamment aux FSR de cesser immédiatement leur progression dans l’État de Gezira et de s'abstenir d'attaquer Wad Madani."

"Nous sommes également extrêmement inquiets pour les familles très vulnérables de Wad Madani qui ont été entassées dans des sites de déplacement dans des écoles pendant des mois et qui n'ont aucun endroit où se cacher de la violence, aucun moyen de s'échapper et aucun autre endroit où fuir", a déclaré pour sa part William Carter, du Norwegian Refugee Council (NRC) au Soudan.

Le conflit déclenché le 15 avril entre le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, et son adjoint devenu rival, le général Mohamed Hamdane Daglo à la tête des FSR, a fait au moins 12.000 morts et plus de six millions de déplacés, selon l'ONU. Depuis lors, les deux camps rivaux s'accusent mutuellement de bombarder des zones résidentielles et de s'en prendre aux civils.