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Soudan : Omar el-Béchir, accusé de corruption, a été déféré au parquet de Khartoum

Omar el-Béchir, (en blanc) à Khartoum | M. HJAJ • AP IMAGES

C'est sa première apparition publique depuis sa destitution, le 11 avril 2019. Omar el-Béchir, l'ex-président soudanais a été présenté, ce dimanche 16 juin aux juges du parquet de Khartoum, devant l'instance en charge des affaires de corruption.

L'ex-président soudanais est apparu vêtu d'une traditionnelle jellaba blanche, avec turban autour de la tête. L'Agence France-Presse évoque « plusieurs véhicules » et des « membres des forces de sécurité lourdement armés » pour accompagner Omar el-Béchir.

Cette comparution n'est que la première étape d'un long processus judiciaire. Le dirigeant déchu s'est vu signifier les accusations qui pèsent contre lui  : corruption, possession illégale de devises étrangères et réception illégale de cadeaux, explique Aladdin Dafallah, un responsable du parquet, cité par l'AFP.

M. Béchir est reparti au bout de quelques minutes, a constaté le correspondant de l'AFP.

Porté au pouvoir par un coup d'État en 1989, M. Béchir a été arrêté par l'armée le 11 avril à Khartoum, à la suite d'un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre 2018 après une inflation du prix du pain.

Diversion ?

Le 21 avril, le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, nouvel homme fort du pays, avait affirmé que l'équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide à la résidence d'Omar el-Béchir à Khartoum.

Le calendrier judiciaire est en tout cas opportun, pour les militaires au pouvoir. Eux qui sont embourbés dans l'affaire de la répression sanglante du 3 juin dernier, d'un sit-in, qui, de source médicale, a fait au moins 118 morts, quand le chiffre officiel fait état de 61 morts.

La question sous-jacente est donc de savoir si les autorités militaires actuelles ne font pas diversion quant à ce récent épisode alors que le Conseil militaire évoque de simples regrets concernant des "erreurs qui se sont produites" lors de l'opération du 3 juin.

Une commission d'enquête militaire s'occupe de rédiger un rapport sur cet épisode, dont les conclusions préliminaires indiqueraient que "des officiers et des soldats sont entrés sur les lieux du sit-in sans l'ordre de leurs supérieurs". C'est ce qu'a indiqué, samedi 15 juin 2019, le porte-parole de cette commission, Abderrahim Badreddine.

► Analyse de Patricia Huon, correspondante TV5MONDE à Khartoum : 

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EXTRAIT DU JOURNAL TV5MONDE 6h00 (TEMPS UNIVERSEL)