Afrique

Soudan : plus de 100 millions de dollars auraient été trouvés chez l'ex-président Omar el-Béchir

ARCHIVES | L'ex-président soudanais Omar el-Béchir, 22 février 2019 | M. ABUAMRAIN • AP PHOTOS

Dans sa volonté affichée de remettre le pouvoir au peuple cette semaine, le chef du Conseil militaire de transition (CMT), le général Abdel Fattah al-Burhane,  révèle que d'importantes sommes d'argent en liquide, ont été trouvées au domicile de l'ex-président Omar el-Béchir.

 

Le Conseil militaire de transition (CMT) est formel. L'équivalent de 113 millions de dollars, en devise américaine, euros et livres soudanaises, ont été saisis dans la résidence de M. Béchir. 

Le nouveau procureur général, al-Walid Sayyed Ahmed, en place depuis quelques jours à peine, a annoncé parallèlement que des dispositions ont été prises pour contrôler les biens des hauts responsables du régime de M. Béchir et de leurs familles. L'objectif étant de démontrer de la véracité ou non, d'un processus de blanchiment d'argent piloté par Omar el-Béchir.

Un durcissement des positions qui fait suite à la diffusion d'une vidéo prétendument tournée dans la résidence de l'ex-chef de l'État, et, qui a circulé sur les réseaux sociaux. On y voit apparaître à l'image des piles et des piles de liasses de billets.


Dans le détail, l'armée et la police, affirme avoir trouvé au domicile d'Omar el-Béchir, sept millions d'euros, 350 000 dollars et cinq milliards de livres soudanaises.

Selon la presse locale, le général al-Walid Sayyed Ahmed a également demandé aux autorités de répertorier toutes les propriétés appartenant à des officiels de l'ancien régime, tout comme il a réclamé que soient interrompues les demandes de transfert portant sur de tels biens.

L'ultimatum de l'Union africaine

Le général Burhane, (le chef du CMT) avait également affirmé dimanche à la télévision son "engagement à remettre le pouvoir au peuple". Il a promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants, s'inscrivant ainsi dans le calendrier de l'Union africaine. Lundi 15 avril 2019, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a lancé un ultimatum de 15 jours à la junte militaire soudanaise. Elle se doit de transférer le pouvoir à une autorité politique dirigée par des civils, sous peine d'être suspendue par l'organe panafricain.

Arrivé au pouvoir, à la faveur d'un coup d'État le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par des rébellions dans plusieurs régions et est en outre accusé de graves violations des droits humains.

Manifestations à Khartoum | AP PHOTOS

Sur le plan économique, le pays a aussi souffert de l'embargo imposé par les États-Unis en 1997. Et si cet embargo a été levé en 1997, le Soudan demeure sur la liste américaine des "pays soutenant le terrorisme."