Afrique

Suspense en RD. Congo à la veille du scrutin

Une journée de transition et de préparatif, samedi dans toute la RD. Congo. A quelques heures de l'ouverture prévue des bureaux de vote, la plus grande incertitude demeure sur le déroulement de ce scrutin. 


Ousmane Ndiaye : "Aujourd'hui tous les ingrédients du chaos sont réunis, mais ..."

Sur le plateau du 64', le rédacteur en chef Afrique de TV5Monde analyse la situation en RD.Congo à la veille de cette échéance historique. 
Chargement du lecteur...

Mise à jour à 16: 30 TU 

Echec des discussions pour signer "un document pour la paix" préparé avec la Céni. Les deux candidats de l'opposition exigent que l'on intègre leurs "amendements" et pourrait revenir le signer plus tard. Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la majorité et le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa l'ont par contre signé. 
Les amendements de l'opposition demandaient à la Céni d'assurer le "bon déroulement des scrutins", d'"assurer le comptage manuel des bulletins de vote", d'accréditer tous les "témoins" (observateurs), et de les autoriser à assister au dépouillement.
 

Chargement du lecteur...
Réactions au sortir de cette négociation, dans l'ordre : Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la majorité, Martin Fayulu, candidat d'opposition (Lamuka) et Vital Kamerhe, directeur de la campagne de Félix Tshisekedi
Chargement du lecteur...

Kinshasa, à la mi-journée : Le duplex en direct de notre envoyée spéciale Patricia Huon.  Journal de 12h 30 T.U. 


Mise à jour du 29/12 /18 à 11 h T.U. : 

Joseph Kabila s'exprime dans le quotidien français "Le Monde". "Il faut regarder le Congo aujourd'hui et il y a 10 ans" affirme le président congolais dans une rare interview accordé à un média étranger. Il a accordé son entretien à l'envoyé spécial du journal vendredi 28. 
"J’ai l’intime conviction que tout va bien se passer dimanche. Des violences post-électorales ne sont pas à exclure, mais la menace sécuritaire est sous contrôle. Seul Ebola nous fait peur et la CENI [Commission électorale nationale indépendante] a bien fait de suspendre les élections dans les zones touchées par l’épidémie », explique encore Joseph Kabila/ 
L'intégralité de l'interview est disponible pour les abonnés à cette adresse https://lemde.fr/2Amvd9I

Dans les autres nouvelles de la matinée, le candidat d'opposition Martin Fayulu a assisté à un office oecuménique pour la paix samedi matin à Kinshasa. 
Le représentant de l'Union européenne (UE), le Belge Bart Ouvry, se trouvait également à la cathédrale Notre-Dame du Congo
quelques heures avant son départ contraint. Il a été sommé jeudi par les autorités congolaises de quitter la RDC dans les 48 heures.

L'office a été organisé par les deux principales confessions de la RDC, la conférence des évêques (Cenco, catholique) et l'Eglise du Christ du Congo (ECC, protestante).
Dans un communiqué conjoint cette semaine, la Cenco et l'ECC avaient demandé à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) "que la date du 30 décembre 2018 soit impérativement respectée" pour les élections après trois reports.
Les deux Eglises avaient aussi demandé aux candidats de "cultiver en eux l'esprit démocratique".

Après l'office, M. Fayulu et les autres candidats à l'élection présidentielle doivent reprendre une rencontre avec la Céni en présence des représentants de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

---------------------------------------------------------------

Vendredi, la police a dispersé à Beni, Butembo et Goma des manifestants qui protestaient contre le report des élections générales à Beni-Butembo, officiellement en raison du virus Ebola et des tueries de civils.
Au moins un manifestant a été tué et quatre blessés par balles à Beni, a indiqué le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha).
La résidence d'un officier de police a été incendiée, ont indiqué des sources militaires et policières.


Ce report exclut 1,2 million d'électeurs sur les 40 millions enregistrés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le report vise des bastions anti-président Joseph Kabila, accuse l'opposition.

L'appel à la grève générale lancée par la coalition politique autour du candidat d'opposition Martin Fayulu n'a eu aucun écho ailleurs dans le pays.

"Le 30, ce dimanche, nous allons tous voter", a promis et répété le président de la Céni, Corneille Nangaa, à l'issue d'une réunion tripartite avec des candidats dont M. Fayulu et des observateurs africains.

Jeudi soir, Kinshasa a demandé l'expulsion dans les 48 heures du représentant de l'Union européenne, le Belge Bart Ouvry. Une mesure de rétorsion après le prolongement des sanctions européennes visant entre autres Emmanuel Ramazani Shadary, le "dauphin" du président Kabila.

"Rien ne saurait justifier cet acte arbitraire", a réagi la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

A 48 heures du vote, la Céni installait dans la plus grande discrétion, voire à huis clos, son matériel électoral dans les bureaux de vote.

Dans les grandes villes (Kinshasa, Goma, Lubumbashi, Tshikapa...), aucune "machine à voter" n'était encore visible vendredi.

"Pour des raisons de sécurité, le matériel électoral ne sera mis en place dans les bureaux de vote de Goma que demain samedi", a affirmé l'antenne locale de la Céni dans la capitale du Nord-Kivu (est).

La commission électorale va supprimer 1.092 bureaux de vote sur 7.939 dans la capitale Kinshasa, a révélé vendredi matin Radio France internationale (RFI).

Raison invoquée: l'incendie d'un entrepôt de la Céni à Kinshasa le 13 décembre qui a brûlé une partie du stock des "machines à voter" destinées à la capitale.

Chargement du lecteur...
A la recherche des bureaux de vote perdus... Reportage d'Anthony Fouchard à Kinshasa


Les Congolais doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila à la tête du plus grand pays d'Afrique sub-saharienne.

Fait sans précédent, M. Kabila, 47 ans, a renoncé à briguer par la force un troisième mandat interdit par la Constitution.

Trois candidats se détachent dans la course à sa succession: son "dauphin" Emmanuel Ramazani Shadary, donné perdant par les sondages de trois organismes, et les deux opposants, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi.

Ces trois hommes promettent d'injecter en cinq ans des dizaines de milliards de dollars dans l'économie pour sortir les Congolais de la pauvreté.

L'opposant Martin Fayulu est le favori des élections, d'après un sondage publié par les experts du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) avec une société congolaise, Berci (proche d'une frange d'opposition), et Ipsos South Africa.

"Si les élections sont libres et équitables, un candidat de l'opposition est presque certain de remporter la présidence", écrit la figure de proue du GEC, Jason Stearns.

"Le potentiel de violence est extrêmement élevé (...). Un pourcentage alarmant de répondants ont indiqué qu'ils n'accepteraient pas les résultats si Shadary l'emportait et ne font pas confiance aux tribunaux pour résoudre équitablement les contentieux électoraux", poursuit-il.

Le ministre de l'Intérieur Henri Mova a indiqué que les frontières "terrestres, lacustres et fluviales" de la RDC seraient fermées dimanche.

L'armée viendra en renfort des opérations de police, avait-il indiqué avant le dernier report des élections, du 23 au 30 décembre.

Les élections ont été reportées trois fois depuis la fin du deuxième et dernier mandat du président Kabila le 20 décembre 2016 à 00h01: de décembre 2016 à décembre 2017, puis au 23 décembre 2018, puis au 30 décembre.

Kinshasa a refusé toute aide financière et logistique des Nations unies présentes depuis 20 ans au Congo ou des Occidentaux pour l'organisation des élections.