Afrique

Tchad : départ troublé pour le Dialogue national

Le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS), ici lors du jour de son ouverture, le 20 août 2022, connaît déjà quelques accrocs
Le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS), ici lors du jour de son ouverture, le 20 août 2022, connaît déjà quelques accrocs
Capture d'écran TV5MONDE

Débutés avec 48h de retard, mercredi 24 août, en raison de problèmes d’organisation, les travaux du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices. Dimanche 28 août, l’élection du présidium, l’instance en charge de diriger ces travaux, s’est déroulée dans une ambiance houleuse. Plusieurs ordres professionnels et le leader d'une coalition politique ont décidé de quitter le forum.

La désignation de Gali Ngothée Gatta candidat de l’opposition face à Idriss Déby lors de la présidentielle de 2016, à sa tête fait consensus. "C'est l'homme de la situation, c'est un homme politique de grande expérience qui a déjà été ministre", a salué, Saleh Kebzabo, ancien candidat à la présidentielle et opposant à Idriss Déby.

En revanche, la composition de l’instance a suscité la fronde. Plus de 500 personnes, sur les 1.400 délégués du dialogue, se sont portées candidates pour intégrer le présidium, composé de 21 membres, désignés par le Comité d'organisation du dialogue national inclusif (CODNI).

Les ordres professionnels des médecins, avocats ou encore architectes ont claqué la porte. L’ancien ministre, Siddick Abdelkerim Haggar, à la tête d’une coalition d’une centaine de partis politiques, leur a emboîté le pas. L’Eglise menace à son tour de quitter le forum.

(Re)voir : Tchad : fronde contre le Dialogue national
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"Les jeux sont faits d'avance"

Tous dénoncent une liste arbitraire qui ne représente par les douze corporations participant au DNIS.

"A part le président, les autres membres du présidium sont plutôt du même bord politique, les jeux sont faits à l'avance, c'est pourquoi nous avons décidé de quitter le dialogue, a dénoncé Djerandi Laguerre Dionro, porte-parole de onze fédérations professionnelles. Nous les laissons continuer leur monologue."
 
"Nous contestons la mise sur pied de ce bureau. Tel que les choses se passent, nous ne sommes pas partants et nous appelons Mahamat Idriss Déby pour remédier à cela, faute de quoi nous ne participerons pas à ce dialogue", a pour sa part averti Gilbert Maoundonodji, membre de la société civile.

(Re)voir : Tchad : "Il aurait fallu déléguer complètement l'organisation du dialogue" national
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Le patronat en appelle à Mahamat Idriss Déby

Mardi 30 août, le patronat a à son tour demandé la suspension des travaux et l’intervention du président du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby, selon les informations de Radio France internationale (RFI).
 
Le chef de la junte, Mahamat Idriss Déby Itno, a donné, le 20 août, à N'Djamena le coup d'envoi de ce dialogue. L’événement est boycotté par certains groupes armés et de membres de la société civile, à l’instar de la coalition Wakit Tama. Il doit déboucher sur des élections "libres et démocratiques" et le transfert du pouvoir aux civils. 

Les travaux des commissions, qui ont notamment pour thèmes les questions sociales, la paix, la réconciliation nationale ou bien encore les libertés fondamentales, doivent débuter le 30 août. Le calendrier initial prévoit une cérémonie de clôture le 20 septembre.

(Re)voir : Tchad : les défis et enjeux du dialogue national inclusif
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