Afrique

Tchad : le chef de la junte, Mahamat Déby, signe un accord avec des rebelles pour un dialogue national

Le président par intérim du Tchad, Mahamat Déby, lors de sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 12 novembre 2021.<br />
 
Le président par intérim du Tchad, Mahamat Déby, lors de sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron le 12 novembre 2021.
 
AP/Michel Euler

Le chef de la junte au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, vient de signer  ce lundi 8 août au Qatar un accord avec une quarantaine de groupes rebelles. Cette accord n'est qu'une première étape. Il doit lancer un dialogue national le 20 août prochain à N'Djamena.

Le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), l'un des principaux groupes rebelles, n'a pas signé l'accord, malgré les espoirs des médiateurs à Doha.

L'arrangement, censé ouvrir la voie au retour à un pouvoir civil, a été qualifié de "moment clé pour le peuple tchadien" par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie officielle à Doha.

Le chef de l'ONU a néanmoins insisté sur la nécessité d'un dialogue "inclusif" pour que celui-ci puisse réussir.

Voir : l'opposition critique l'organisation du dialogue national

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Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, estime lui que l'accord vise à instaurer "une paix qui remplacera les troubles et les conflits que le pays a connus depuis de trop longues années".

Refus de signer du principal groupe rebelle

Quelque 42 des 47 groupes représentés à Doha ont apposé leur signature lundi, aux côtés du pouvoir.

Des habitants de N'Djamena manifestent ce 27 avril 2021 contre la transmission du pouvoir du père au fils Déby. Deux personnes trouveront la mort dans la répression des manifestations.
Des habitants de N'Djamena manifestent ce 27 avril 2021 contre la transmission du pouvoir du père au fils Déby. Deux personnes trouveront la mort dans la répression des manifestations.
AP /Sunday Alamba

Depuis cinq mois, différents acteurs tchadiens négocient sous l'égide de l'émirat du Golfe pour mettre fin à des décennies de troubles et d'instabilité dans ce pays de 16 millions d'habitants qui a connu plusieurs coups d'État.

Au lendemain de la mort du président Idriss Déby Itno, tué au front contre des rebelles en avril 2021, son fils, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno, avait été proclamé président à la tête d'un Conseil militaire de transition de 15 généraux.

Il avait aussitôt promis des élections libres et démocratiques dans un délai de 18 mois, après un "dialogue national inclusif" avec l'opposition politique et les innombrables mouvements rebelles.

Qui sont les principaux groupes rebelles ?

Le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT). Le FACT est né en 2016 de la scission d'une autre alliance rebelle, l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). Il est dirigé par Mahamat Mahdi Ali qui a étudié en France où il a milité au Parti socialiste.

Considéré comme le plus fourni en combattants et en armes, le FACT a mené, depuis des bases arrières en Libye, la dernière grande offensive en date, qui a coûté la vie le 19 avril 2021 au président Déby.

L'Union des forces de la résistance (UFR). L'UFR a été fondé en 2009 par l'alliance de huit mouvements. Elle est dirigée par Timan Erdimi, membre de l'ethnie zaghawa de feu Idriss Déby dont il est le neveu. En février 2019, le mouvement a lancé une offensive depuis le Soudan, mais la colonne d'une cinquantaine de pick-ups armés de mitrailleuses est stoppée à la demande du pouvoir tchadien par les avions de la force antijihadiste française Barkhane, stationnés à N'Djamena.

L'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). L'UFDD est créée en 2006 et dirigée par Mahamat Nouri, ancien compagnon d'armes de Hissène Habré, le président renversé par Déby en 1990 et condamné en 2016 à la prison à vie pour crimes contre l'humanité par un tribunal spécial africain.