Afrique

Tchad : les dernières tisseuses de N'Djamena

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Au Tchad, pour conserver un savoir-faire unique, des femmes se sont réunies en coopérative à N'Djamena pour tisser le coton manuellement comme le faisait leurs parents. Draps, pagnes, sacs... Des pièces faites intégralement à la main très prisées dans les années 1990 mais qui aujourd'hui sont presque abandonnées des clients. Rencontre avec les dernières tisseuses de la capitale tchadienne, qui luttent pour la survie de cet artisanat.

Le geste est précis et en cadence. Cela fait 14 ans maintenant qu'Alimé est tisseuse. Elle a des mains de fée. Elle va quand même mettre trois jours pour finir ce drap de coton. 

« Le travail est très physique. C'était plus facile lorsque j'étais jeune. Avant, je faisais cinq voir six mètres de tissage par jour. Mais maintenant, je vieillis, je fais seulement deux mètres maximum », raconte Alimé Seid, tisseuse.

Farcha, en périphérie de la capitale tchadienne. Une dizaine de femmes se sont réunies en coopérative pour sauvegarder un métier ancestral. Elles sont les dernières tisseuses de N'Djamena. Les mains, comme les pieds travaillent, semblables à des pianistes.
 

Même si on ne gagne pas beaucoup, c'est un beau métier, je suis contente de faire ce que je vois devant moi.

 Passiri Pachamé, tisseuse. 

Un savoir-faire qui séduit moins

C'est un travail méticuleux car chaque fil doit être à sa place. Un savoir-faire unique. Ces pièces faites main étaient très prisées dans les années 90.... Beaucoup moins aujourd'hui.  Alors, les faibles revenus générés ne permettent pas de réparer le bâtiment qui commence à s'écrouler.

« Si le bâtiment reste dans cet état, il risque de s'effondrer sur nous. Là, il y a un mur qui s'est écroulé. Il nous faut de l'aide pour réparer, pour pouvoir continuer à travailler, former de jeunes recrues », raconte Rebecca Mwiwala, tisseuse.

Il y a quelques années, la Première Dame du Tchad avait fait un don de 2 millions de FCFA pour encourager cet artisanat. 

« On fait des couvre-lits, des sets de table, des nappes, des torchons, des tissus pour les hommes... tout tout », explique  Solange Ida, secrétaire générale de la Cotimaf. Des tissages de belle qualité mais qui coûtent deux fois et demie plus cher que le Wax, tissu très en vogue en ce moment.