Afrique

Tigré: le patron de l'OMS plaide pour que l'aide humanitaire arrive à sa région natale

Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 11 mars 2020, au siège de l'organisation à Genève
Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 11 mars 2020, au siège de l'organisation à Genève
afp.com - Fabrice COFFRINI

Le patron de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé mercredi les autorités éthiopiennes à garantir un accès humanitaire sans entrave au Tigré, un long plaidoyer pour sa région natale ravagée depuis presque un an par un conflit avec Addis-Abeba.

"En tant qu'Ethiopien, originaire du Tigré, cette crise me touche personnellement, mais aujourd'hui je parle en tant que directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé" (OMS), a déclaré sur un ton sombre Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse de son organisation à Genève, dédié à la pandémie.

"Au Tigré plus de 90% de la population a besoin d'une aide alimentaire et quelque 400.000 personnes souffrent de famine", a rappelé le Dr Tedros, s'appuyant sur des chiffres de l'ONU.

Les taux de malnutrition sévère y atteignent le niveau de ceux que l'on a vus au début de la grande famine en Somalie en 2011, a-t-il mis en garde.

S'il retweete beaucoup d'informations sur le conflit qui frappe le nord de l'Ethiopie, où des violents combats font rage depuis novembre, quand le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le Dr Tedros n'en parle pas souvent publiquement et les autorités éthiopiennes considère qu'il est partisan.

Il a rappelé les multiples obstacles que doivent franchir les convois d'aide, estimant que depuis juillet seulement 10 camions sur les 100 qu'il faudrait par jour arrivent à passer.

L'ONU estime que le Tigré est soumis à "un blocus de facto de l'aide humanitaire". Autorités éthiopiennes et rebelles pro-TPLF s'accusent mutuellement d'entraver l'acheminement de l'aide et d'affamer la population.

Au Tigré, seules de très rares infrastructures de santé restent opérationnelles, à cause du manque de carburant et de matériel médical, a rappelé le Dr Tedros, ce qui coûte la vie aux personnes atteintes de maladies chroniques, privées de nourriture et de médicaments.

Quelque 200.000 enfants n'ont pas été vaccinés et le Dr Tedros souligne que "quand les gens n'ont pas assez de nourriture, ils sont plus sensibles à des maladies mortelles, tout comme à la menace de mourir de faim. Et c'est ce que nous voyons en ce moment au Tigré".

Il a promis que l'OMS ferait tout ce qui est en son pouvoir mais insisté pour un accès sans entrave au Tigré, "parce que des millions de vies sont en jeu".