Afrique

Togo : des milliers de femmes dans la rue contre le pouvoir

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Des Togolaises vêtues de noir défilent dans les rues de Lomé.
© Sujet : M. Vallerey / Montage : G. Longo

Les femmes togolaises étaient des milliers dans les rues de Lomé samedi 20 janvier pour demander le départ du président Faure Gnassingbé. Elles ont rejoint l'appel de l'opposition.

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Cette fois, ce sont les femmes qui sont descendues dans les rues de Lomé.

Vêtues de noir - la couleur du deuil - elles ont battu le pavé par milliers dans la capitale togolaise. A coup de casseroles et en chantant, elles sont venues faire du bruit contre le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Esther Gone comptait parmi les manifestantes : " Nos enfants sont en prison, nos frères sont emprisonnés injustement donc il faudrait que les choses changent. Nous voulons que nos droits soient respectés. Deux mandats c'est bon, un troisième ce n'est pas possible."

Toutes exigent le départ de leur président. Au pouvoir depuis 2005, Faure Gnassingbé a succédé à son père, qui a lui-même régné sur le Togo pendant 38 ans. Et l'actuel chef de l'Etat pourrait se représenter en 2020.

" On en a marre de Faure et son régime"                                                                                                                                 Une manifestante

 Tofa, une jeune togolaise, ne cache pas son ras-le-bol : "Je veux que le Togo change, parce-que les autres pays changent donc on en a marre de Faure et son régime. Nous, les femmes du Togo, on en a assez car on souffre. "

Pour Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition togolaise, cette marche est une "belle initiative", ajoutant : ''Les femmes ont souhaité aujourd'hui manifester. Je pense que c'est pour exprimer comme nous leurs préoccupations face à l'immobilisme actuel qui procède du refus du pouvoir de respecter ses engagements.''

Depuis septembre, des marches lancées à l'appel d'une coalition de 14 partis politiques rassemblent presque chaque semaine des milliers de Togolais. Les manifestants exigent un retour à la Consitution de 1992 et plus globalement, une alternance politique.

Plusieurs pays de la Cedeao, inquiets de la crise togolaise, ont récemment appelé  au dialogue. Une délégation guinéenne doit être envoyée à Lomé mardi 23 janvier pour entamer des discussions entre le pouvoir et l'opposition.