Togo : deux journalistes accusés d'avoir diffamé un ministre remis en liberté

Deux journalistes togolais, poursuivis et écroués à Lomé depuis le 15 novembre pour "diffamation" envers un ministre, ont été remis en liberté ce 1er décembre, indique le rédacteur du journal Flambeau des Démocrates.

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Le journaliste togolais, Loïc Lawson.

Le journaliste togolais, Loïc Lawson.

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"Loïc Lawson et Anani Sossou ont bénéficié d'une liberté provisoire. Ils ont quitté la prison ce vendredi vers 11H30 GMT. Mais ils sont placés sous contrôle judiciaire", déclare Magloire Têko Kinvi, rédacteur en chef du Flambeau des Démocrates.

Loïc Lawson, directeur de publication du journal Flambeau des Démocrates, et Anani Sossou, journaliste indépendant, avaient été inculpés et écroués après avoir affirmé sur les réseaux sociaux que le ministre de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Réforme foncière, Kodjo Adedze, s'était fait voler 400 millions FCFA (604 875 euros) à son domicile.

Les journalistes étaient revenus sur leurs affirmations en expliquant que des "investigations poussées" avaient montré que "le montant communiqué était surestimé et n'atteindrait pas la somme de 400 millions de FCFA". Le ministre, qui avait bien déclaré un cambriolage auprès de la police sans que le montant soit rendu public, avait porté plainte contre eux. 

Une incarcération dénoncée

Plusieurs partis d'opposition et organisations de la société civile togolais avaient vivement dénoncé l'incarcération des deux journalistes et demandaient leur libération. Le Patronat de la presse togolaise (PTT), l'une des organisations des patrons de presse de ce pays d’Afrique de l'ouest, avait ainsi exprimé son "indignation et ses inquiétudes face à l'allure que prend cette affaire".

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"Nous sommes préoccupés par les convocations et les détentions de journalistes au Togo", avait réagi Reporters sans frontières, peu après leur incarcération.  Au Togo, les réseaux sociaux sont exclus du champ d'application de la loi relative au code de la presse et de la communication entré en vigueur cette année. En cas d'infraction, les poursuites s'appuient sur le code pénal.

En mars dernier, deux journalistes togolais ont été condamnés par contumace à trois ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de Lomé notamment pour "outrage à l'autorité" et "propagation de propos mensongers sur les réseaux sociaux", à la suite de plaintes de deux ministres, dont Kodjo Adedze.