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Togo : l’annonce de deux élections et un référendum  indigne l’opposition

Un nouveau calendrier électoral dévoilé pour 2018. 
Un nouveau calendrier électoral dévoilé pour 2018. 
©AP Photo/Erick Kaglan

Les élections législatives prévues pour le 20 décembre 2018 seront précédées des locales couplées d’un référendum pour les réformes constitutionnelles le 16 décembre. L’information a été donnée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), mardi 18 Septembre 2018. 

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Un calendrier bien chargé. Selon la CENI, les listes de candidature pour les élections locales seront recueillies entre le 15 et le 29 octobre 2018. Tandis que les candidats aux élections législatives, pourront se manifester entre le 22 octobre et le 05 novembre 2018. Les campagnes pour ces scrutins devront se tenir respectivement du 30 novembre au 14 décembre pour les élections locales et le référendum et du 04 au 18 décembre 2018, pour les législatives.

L’institution en charge de l’organisation et de la supervision des élections au Togo a, en outre, annoncé l’arrivée imminente à Lomé des experts électoraux de la CEDEAO : « Trois experts électoraux, un spécialiste Audi-électoral, un spécialiste en droit constitutionnel et 20 observateurs de la CEDEAO, vont prendre quartier à Lomé ». Une opération de recensement électoral est aussi prévue sur toute l’étendue du territoire national du 17 au 14 octobre 2018.
 

"Techniquement, nous sommes prêts"

Malgré la situation politique tendue dans le pays, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, Prof Kodjona Kadanga rassure quant à la tenue de ces élections : « Techniquement, nous sommes prêts pour faire face à ces scrutins. Je peux vous assurer que nous avons le matériel électoral suffisant ainsi que les ressources humaines. A notre niveau aucun problème ne se pose », affirme-t-il.

Faut-il le souligner, la CENI est contestée dans sa forme actuelle par l’opposition qui réclame sa recomposition avant toute participation au processus électoral. Ce qui justifie d’ailleurs l’absence des quatre représentants de l’opposition au sein de la CENI.

Mais pour le président de la CENI, cela n’entache pas le caractère légal des choses. « Tout ce que nous faisons est encadré par le Code électoral. Le quorum c'est neuf membres et nous sommes treize. Donc nous travaillons et nous espérons que les autres partis nous rejoindrons bientôt », a-t-il souhaité.

L’opposition indignée

Cette annonce de la CENI suscite déjà des réactions. Au sein de l’opposition, la nouvelle n’est pas accueillie favorablement. Ce mercredi 19 septembre, Me Dodji Apévon n’est pas passé par quatre chemins pour contester cette décision sur une radio locale. Il est président des Forces Démocratiques pour la République (FDR), un parti membre de la Coalition des 14, le plus grand regroupement de partis politiques de l'opposition au Togo.

« En ce qui concerne le référendum, la feuille de route (ndlr : définie par la CEDEAO pour mettre fin à la crise togolaise) a précisé que : ce n'est que dans l'hypothèse où les réformes ne sont pas faites à l'Assemblée nationale qu'on ira au référendum, explique Me Dodji Apévon. Mais pour que le texte soit adopté par les députés, il aurait fallu que le gouvernement envoie le texte à l'Assemblée nationale. On nous a annoncé l'arrivée
d'un expert constitutionnel pour nous aider à concevoir le texte, nous attendons cet expert-là qui va essayer de proposer un texte conforme aux normes de la CEDEAO. Mais l'expert n'est pas venu, aucun texte n'est envoyé à l'Assemblée. Et aujourd'hui, on nous annonce un
référendum. Cela veut dire que ces gens-là, ils marchent sur la tête 
», a-t-il dénoncé.

Pour l’homme politique, il s’agit d'une « provocation » pure et simple. Dans la foulée, La coalition des 14 partis politiques de l’opposition annonce un rassemblement d’informations les 22 et 23 septembre 2018 dans près d’une vingtaine de localités du pays. Au regard de ce qui précède, les jours à venir semblent s’annoncer compliqués pour le Togo.