Afrique

Togo : quelle marge de manoeuve pour l'opposition ?

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© TV5MONDE

Au Togo, l'opposition n'a plus de représentants à l'Assemblée nationale, après avoir boycotté les législatives du 20 décembre dernier. Comment pourra t-elle désormais peser dans l'espace politique ?

Taxi Presse, c'est une émission de décryptage de l'actualité togolaise. Ce jour-là, la tactique de conquête du pouvoir de l'opposition extraparlementaire, la C14, est disséquée dans cette émission-phare des ondes radiophoniques togolaises. Cette émission interactive suscite beaucoup de réactions, par téléphone et via les réseaux sociaux.
Éric Gato, présentateur de l'émission Taxi Presse, lit ce message d'un auditeur : « une opposition qui n'a ni moyens financiers, ni soutien des puissances occidentales, n'existe que de nom ».

Nous l'avons vu : aujourd'hui la stratégie payante,cela a été expérimenté en RDC, il faut faire des concessions, même quand on est une opposition extraparlementaire. Sans ces concessions, nous ne pourrons pas avoir d'alternance dans notre pays.

Jacques Djakouti, journaliste et analyste politique

Pas de changement de cap visible sur le terrain. Et à Lomé, les manifestations ne font plus le plein. Tikpi Atchadam, l'instigateur des manifestations populaires d'août 2018, avait pourtant réussi à réanimer une opposition politique dans le coma.

Dans d'autres pays, les marches sont la seule possibilité du peuple. En France, les populations sont en train de descendre dans les rues, donc nous sommes persuadés que c'est le peuple qui doit faire son choix. Cette lutte doit continuer.

Éric Dupuy, conseiller en communication de la C14 

Après dix-sept mois de crise politique, vingt morts puis un boycott par  la C14 des législatives, l'opposition perd ses 25 députés au Parlement - son seul  instrument de pression politique. Pour le politologue David Chou, "la C14 ne peut pas faire autrement" que de "préparer les élections locales en espérant gagner des postes de maires, en attendant la présidentielle et de présenter quelqu'un contre Faure Gnassingbé".

L'opposition extraparlementaire n'aurait dans son viseur, rien que la présidentielle de 2020. Une lutte interne est déjà engagée pour défendre l'idée d'un candidat unique.