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Tunisie: après le boycott des examens, les enseignants du secondaire dans la rue

Le ministre tunisien de l'Education, Hatem Ben Salem, le 11 septembre 2017 à Tunis
Le ministre tunisien de l'Education, Hatem Ben Salem, le 11 septembre 2017 à Tunis
afp.com - FETHI BELAID
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Les enseignants des établissements du secondaire en Tunisie, qui boycottent depuis lundi les examens du premier trimestre, sont descendus dans la rue vendredi dans plusieurs villes du pays pour réclamer au gouvernement notamment une hausse des salaire et des primes.

A l'appel du syndicat national de l'enseignement secondaire affilié à l'Union générale tunisienne du travail, puissante centrale syndicale, des milliers de manifestants ont défilé à Sfax, deuxième plus grande ville du pays, à Sidi Bouzid (centre-ouest), Kasserine (centre-ouest), Médenine (sud) et au Kef (nord-ouest).

A Sfax, des milliers d'enseignants se sont rassemblés au centre-ville, criant leur colère notamment contre le ministre de l’Éducation Hatem Ben Salem, selon un correspondant de l'AFP.

"Dégage", "sit-in jusqu'à la chute du gouvernement" ou "O ministre de l'échec, ta démission est la solution", scandaient-t-ils devant la préfecture.

Parmi les revendications des protestataires figurent une hausse de leurs salaires, de leurs primes, ou encore l'application d'accords conclus avec le gouvernement concernant notamment la mise en œuvre des promotions.

Selon le syndicat enseignant, environ 80% des professeurs du secondaire ont participé au boycott depuis lundi des examens prévus cette semaine pour faire pression sur le gouvernement.

Dans un communiqué jeudi soir, le syndicat a par ailleurs accusé M. Ben Salem d'avoir décidé de déduire "illégalement" les jours de boycott des enseignants de leurs salaires.

"Ce n'est pas vrai! Ce sont des rumeurs pour monter les enseignants" contre le ministère de l’Éducation, a affirmé M. Ben Salem dans une déclaration à la radio privée Jawhara FM.

Morched Driss, un responsable syndical, a estimé de son côté que "le gouvernement tente de monter l'opinion publique contre les (...) enseignants qui veulent avoir une réponse positive à leurs revendications légitimes".

Via des médias locaux et les réseaux sociaux, des parents d'élèves ont vivement critiqué le boycott des enseignants et les mouvements de protestation qui ne tiennent pas en compte, selon eux, de l'intérêt des élèves.

Depuis la révolution de 2011, le secteur de l'éducation a été perturbé à plusieurs reprises en raison de mouvements de protestation des enseignants, entraînant notamment la suspension de cours.

La Tunisie est minée par des conflits sociaux et des grèves depuis la révolution qui avait été largement motivée par la pauvreté.