Tunisie : Kaïs Saïed annonce une élection présidentielle le 6 octobre

Une élection présidentielle sera organisée en Tunisie le 6 octobre 2024, a annoncé, mardi 2 juillet, le chef de l'État, Kaïs Saïed. Son mandat de cinq ans expire à l'automne.

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Le président tunisien Kais Saied participe à une réunion avec le président chinois Xi Jinping au Grand Hall du Peuple à Pékin, le vendredi 31 mai 2024.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, participe à une réunion avec le président chinois, Xi Jinping, à Pékin, le 31 mai 2024.

Tingshu Wang (AP)
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"Le président de la République a émis un décret ce jour, le 2 juillet 2024, convoquant les électeurs pour une élection présidentielle le dimanche 6 octobre 2024", a indiqué la présidence dans un communiqué. Kaïs Saïed, 66 ans, n'a pas annoncé s'il briguerait un nouveau mandat.

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Spécialiste de la Constitution, élu démocratiquement en octobre 2019, il accapare tous les pouvoirs depuis son coup de force du 25 juillet 2021. Après plusieurs mois de blocage politique, il avait alors limogé le Premier ministre et gelé le Parlement avant de le dissoudre. 

Il a fait adopter une nouvelle Constitution par référendum à l'été 2022. Un nouveau système de deux chambres aux pouvoirs très limités a été institué : l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) et un Conseil national des régions et des districts.

Cette révision constitutionnelle a fait passer la Tunisie d'un régime parlementaire à un système ultra-présidentialiste qui consacre, selon ses détracteurs, la dérive autoritaire de Kaïs Saïed.

Depuis le printemps 2023, les principaux opposants ont été emprisonnés, notamment le chef du parti islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, et la présidente du Parti destourien libre, Abir Moussi.

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Crises en cascade

Depuis son coup de force, Kaïs Saïed dirige le pays par décrets. À plusieurs reprises ces derniers mois, le président a ordonné le limogeage de divers ministres et hauts fonctionnaires.

Depuis février dernier, une vingtaine d'opposants et personnalités ont été emprisonnés et sont "accusés de complot contre la sûreté de l'État" et M. Saied les a qualifiés de "terroristes". Des ONG dont Amnesty International ont dénoncé "une chasse aux sorcières motivée par des considérations politiques."

La grave crise politique que traverse la Tunisie depuis ce coup de force se double de graves difficultés économiques avec une croissance poussive (environ 2%), un taux de pauvreté en hausse (4 millions de Tunisiens sur 12 millions d'habitants) et un chômage très élevé (15%).

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