Afrique

Tunisie : la consultation nationale voulue par le président Saïed démarre doucement

Un nouveau confinement a été imposé en Tunisie depuis le 12 janvier et on peut lire sur cette bannière "Lavez-vous les mains, protégez-vous et vos proches". Le président Saied a lancé une vaste consultation nationale avant un référendum qui devrait avoir lieu cet été.
Un nouveau confinement a été imposé en Tunisie depuis le 12 janvier et on peut lire sur cette bannière "Lavez-vous les mains, protégez-vous et vos proches". Le président Saied a lancé une vaste consultation nationale avant un référendum qui devrait avoir lieu cet été.
© AP Photo/Mosa'ab Elshamy

Commencée samedi 15 janvier, la consultation nationale instaurée par le président tunisien Kaïs Saïed a recueilli un peu plus de 50 000 participations. Le président a décidé de demander aux Tunisiens leur avis avant un référendum constitutionnel prévu l'été prochain. La consultation se terminera le 20 mars 2022.

Le portail www.e-istichara.tn avait été lancé le 1er janvier mais pour une phase "d'essai" menée dans 24 régions du pays. Le lancement effectif a eu lieu le 15 janvier 2022.

"Nous sommes au cinquième jour et le nombre de participants a atteint 52.000, c'est bien. Nous allons intensifier la campagne de sensibilisation", a déclaré devant la presse le ministre des Technologies, Nizar Ben Néji. 

Pour adresser leurs remarques, les internautes -- y compris les Tunisiens de l'étranger -- s'inscrivent avec leur numéro de carte d'identité et reçoivent un code secret. 

(Re)lire : Tunisie : lancement d'une consultation populaire sous les critiques de l’opposition

Selon les autorités, plus de 9 millions des 12 millions de Tunisiens ont accès à internet (par ordinateur ou téléphone) et pour les autres, des ordinateurs seront à leur disposition dans les plus de 270 maisons de jeunes du pays.

Chaque participant doit répondre par oui ou non -- avec une partie de commentaire libre -- à des questions sur la politique, l'économie, les problèmes sociaux, la transition numérique, la santé, la qualité de la vie, l'éducation et la culture. Elles ont été préparées par des experts pour que "toute personne ordinaire puisse comprendre", selon le ministre de la Jeunesse, Kamel Deguiche.

Balayant les critiques d'organisations et partis qui boycottent cette consultation inédite, les deux ministres se sont félicités que jusqu'à présent, "la tranche d'âge des 30 à 50 ans a(it) fortement participé".

Tunisie : "la consultation populaire vise les jeunes"

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Depuis le 25 juillet 2021, arguant de blocages multiples, Kais Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en suspendant le Parlement, dominé par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sa bête noire.

Depuis, il gouverne par décrets malgré les protestations d'opposants et d'ONG nationales et internationales.

Le 13 décembre, M. Saied a dévoilé une feuille de route prévoyant un référendum en juillet 2022 pour amender la Constitution et la rendre plus "présidentielle", avant des législatives en décembre 2022.

La "consultation populaire" doit s'étaler jusqu'au 20 mars et ses conclusions servir à préparer les réformes politiques, un procédé qui illustre, selon ses détracteurs, les "méthodes populistes" du président Saied, dont la popularité a reculé depuis son élection en 2019 avec quasi 73% des voix, tout en restant solide.