Afrique

Tunisie : Noureddine Bhiri transféré à l'hôpital "dans un état critique"

Noureddine Bhiri, (deuxième en partant de la gauche), alors ministre de la Justice, au côté de l'ancien ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh (à gauche), et de l'ancien président, Moncef Marzouki, lors d'une cérémonie de prestation de serment au palais présidentiel de Carthage, le 24 décembre 2011.
Noureddine Bhiri, (deuxième en partant de la gauche), alors ministre de la Justice, au côté de l'ancien ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh (à gauche), et de l'ancien président, Moncef Marzouki, lors d'une cérémonie de prestation de serment au palais présidentiel de Carthage, le 24 décembre 2011.
AP

L'ex-ministre tunisien de la Justice et homme fort d’Ennahdha, Noureddine Bhiri, interpellé le 31 décembre, a été transféré dans un état critique à l'hôpital de Bizerte, ont affirmé, dimanche 2 janvier, des militants de ce mouvement et des députés.

M. Bhiri "est dans un état critique, il est en réanimation à l'hôpital Bougatfa à Bizerte", a indiqué l'avocat et député, Samir Dilou, démissionnaire du parti islamiste Ennahdha.

Il a été hospitalisé "après l'aggravation de son état de santé à la suite de son arrestation et sa détention depuis 48 heures", a de son côté expliqué, sur son compte Twitter, la députée du parti et ex-secrétaire d'Etat, Saida Ounissi.

Cette dernière a aussi dénoncé le fait que M. Bhiri ait été détenu "dans un lieu tenu secret, sans aucun mandat d'arrêt, mise en accusation ou autorisation judiciaire".

"Citoyens contre le coup d'Etat", une organisation d'opposants au président Kais Saied, a affirmé, sur son compte Twitter également, que M. Bhiri, "hospitalisé en urgence, est dans un état très grave".

(Re)voir : Tunisie : des responsables d'Ennahdha dénoncent l'arrestation de Noureddine Bhiri

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"Kidnapping" et "dangereux précédent"

Selon plusieurs médias et des indications de sources informées à l'AFP, M. Bhiri souffre de plusieurs maladies chroniques, notamment d'hypertension. Il avait cessé de s'alimenter et de prendre ses médicaments depuis son arrestation.

L'Instance de prévention de la torture (INPT, autorité indépendante tunisienne) et le parti Ennahdha avaient exprimé, samedi 1er janvier, leur inquiétude quant au sort réservé à M. Bhiri et à un autre dirigeant d'Ennahdha, Fathi Baldi, arrêté en même temps que lui le matin du 31 décembre.

L'INPT et le comité de défense de M. Bhiri, formé notamment par son épouse avocate et d'autres juristes, ont dénoncé le secret autour du lieu de leur détention et l'absence d'explications du ministère de l'Intérieur qui a ordonné les deux arrestations.

Le ministère s'était, vendredi soir, à annoncer deux assignations à résidence, sans donner de noms, faisant état d'une "mesure préventive dictée par la nécessité de préserver la sûreté nationale".

Le même jour, le comité de défense de M. Bhiri avait qualifié son interpellation devant son domicile par des agents en civil de "kidnapping et (de) dangereux précédent marquant l'entrée du pays dans le tunnel de la dictature".

Ennahdha est au coeur d'un bras de fer avec le président Kais Saied depuis son coup de force du 25 juillet et sa décision de suspendre le Parlement que ce parti contrôlait depuis une dizaine d'années.

(Re)voir : Tunisie : un tournant autoritaire se confirme-t-il ?

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