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Tunisie : Washington soutient "les aspirations democratiques" des Tunisiens, Kaïs Saïed dénonce une "ingérence"

Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken soutient les "aspirations démocratiques du peuple Tunisien". Le président Saïed dénonce une "ingérence" dans les affaires du pays. Rien ne va plus entre Washington et le pouvoir Tunisien.<br />
 
Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken soutient les "aspirations démocratiques du peuple Tunisien". Le président Saïed dénonce une "ingérence" dans les affaires du pays. Rien ne va plus entre Washington et le pouvoir Tunisien.
 
AP/TV5MONDE

Rien ne va plus entre Washington et le pouvoir tunisien. La chargée d'affaires américaine a été convoquée par la diplomatie tunisienne. Le président Kaïs Saïed dénonce "une ingérence". Le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken, qui "soutient les aspirations démocratiques du peuple tunisien" a critiqué le référendum sur la Constitution tenu ce 25 juillet et l'évolution politique du pays.

Natasha Franceschi,principale responsable de l'ambassade américaine, a dû se rendre au siège du ministère des Affaires étrangères. La diplomate américaine a été convoqué "après le communiqué du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (Anthony Blinken) sur le processus politique en Tunisie, et après les déclarations inacceptables de l'ambassadeur américain désigné en Tunisie", Joey Hood, selon un communiqué du ministère tunisien.

La souveraineté de la Tunisie et son indépendance sont au-dessus de tout. J'exprime mon rejet d'une ingérence inacceptable dans les affaires nationales intérieures.
Kaïs Saïed, président de la république tunisienne.

Le ministre Othman Jerandi a dénoncé dans le communiqué "une ingérence inacceptable dans les affaires nationales intérieures", et exprimé "la stupéfaction tunisienne après ces déclarations et le communiqué (d'Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine) qui ne reflètent pas du tout la réalité de la situation en Tunisie".

Quelques heures auparavant, le ministre Jerandi avait rencontré le président Kais Saied, qui lui avait exprimé son "rejet de toute forme d'interférence dans les affaires internes du pays", soulignant que "la souveraineté de la Tunisie et son indépendance sont au-dessus de tout".

Kais Saied faisait allusion à une série de déclarations provenant surtout des Etats-Unis critiquant le processus ayant abouti à un référendum sur une nouvelle Constitution, approuvée lundi par près de 95% des votants mais avec une très faible participation de 30,5%.

Dès mardi, le porte-parole du Département d'État Ned Price faisait état d'"inquiétudes" américaines "sur le fait que la nouvelle Constitution inclut des mécanismes de contrepoids affaiblis, qui pourraient compromettre la protection des droits humains et des libertés fondamentales".

Mercredi, Joey Hood nommé ambassadeur à Tunis mais qui doit encore être confirmé, a déploré devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, "une érosion alarmante des normes démocratiques et des libertés fondamentales au cours de l'année écoulée, (en Tunisie) qui ont hypothéqué de nombreux acquis durement réalisés depuis qu'ils ont renversé un dictateur en 2011".
 

Nous soutenons fortement les aspirations démocratiques du peuple tunisien. Il faut restaurer la confiance des millions de Tunisiens tant ceux qui n'ont pas participé au référendum, que ceux qui se sont opposés à la nouvelle Constitution.

Le Secrétaire d'État Anthony Blinken.


"Les actions du président Kaïs Saïed au cours de l'année écoulée pour suspendre la gouvernance démocratique et consolider le pouvoir exécutif ont soulevé de sérieuses questions", avait-il ajouté. Jeudi 28 juillet, une nouvelle déclaration du secrétaire d'État Blinken a terminé de déclencher les foudres tunisiennes.

Sur son compte twitter, il a dit soutenir "fortement les aspirations démocratiques du peuple tunisien", soulignant qu'un "processus de réforme inclusif et transparent est crucial pour restaurer la confiance des millions de Tunisiens tant ceux qui n'ont pas participé au référendum, que ceux qui se sont opposés à la nouvelle Constitution".

Les États-Unis sont de plus en plus critiques vis-à-vis de Kaïs Saïed, qui s'est emparé de tous les pouvoirs le 25 juillet 2021, arguant que le pays était ingouvernable.