Afrique

Vaccination : la solidarité internationale à l'épreuve du variant Omicron

Un professionnel de la santé préparant une dose de vaccin contre la Covid-19.
Un professionnel de la santé préparant une dose de vaccin contre la Covid-19.
©AP Photo/Panagiotis Balaskas

Le variant Omicron se propage "à un rythme que nous n'avons jamais vu", s'inquiète l'OMS. Face à l'afflux de certains pays vers les troisièmes doses l'OMS craint de nouvelles inégalités dans la distribution des vaccins dans les pays dits pauvres. Aujourd'hui, 98 pays n'ont toujours pas atteint la barre des 40% de vaccination de leur population. 

En Europe et partout dans le monde, les restrictions sanitaires se multiplient pour lutter, tant que faire se peut, contre le variant Omicron. 

Selon l'OMS, aucun variant du virus de la Covid-19 ne s'est jusqu'à présent propagé aussi rapidement qu'Omicron. Elle estime que la plupart des pays sont désormais touchés.

"77 pays ont maintenant signalé des cas d'Omicron mais la réalité est qu'Omicron se trouve probablement dans la plupart des pays même s'il n'a pas encore été détecté. Omicron se propage à un rythme que nous n'avons jamais vu avec aucun autre variant", a déclaré mardi 14 décembre, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
 


Face à cette recrudescence du nombre de cas, la course aux vaccins a repris de plus belle et c'est bien ce qui inquiète l'OMS.

L'OMS dénonce "l'iniquité vaccinale"

L'OMS craint en outre que les doses de rappel décidées dans de nombreux pays occidentaux pour les populations adultes mettent à mal la vaccination dans les pays pauvres.

"L'OMS n'est pas contre les doses de rappel. Nous sommes contre l'iniquité" vaccinale, a affirmé le Dr Tedros. "C'est une question de hiérarchisation des priorités. (...) Donner des doses de rappel aux groupes à faible risque de maladie grave ou de décès met simplement en danger la vie de ceux à risque élevé qui attendent toujours leurs premières doses", a-t-il insisté.
 

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Il a souligné,  41 pays n'ont toujours pas réussi à vacciner 10% de leur population et 98 pays n'ont pas atteint la barre des 40%. "Si nous mettons fin à l'iniquité, nous mettons fin à la pandémie. Si nous permettons à l'iniquité de se poursuivre, nous permettons à la pandémie d'aller de l'avant", a-t-il insisté.
 

"Je ne veux pas que les gens se sentent mal à l'aise parce qu'on leur a proposé une 3e dose et qu'ils l'ont prise. Mais il y a des millions de personnes dans le monde qui n'ont reçu aucune protection. Et on doit leur donner la priorité", a de son côté alarmé le responsable des opérations d'urgence à l'OMS, Mike Ryan. 

Par priorité, Mike Ryan pense évidement à l'Afrique qui, selon de nouvelles données, va devoir attendre l'été 2024 avant de vacciner 70% de sa population. 

Le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, avait déjà mis en garde contre les conséquences que pourrait avoir pour l'Afrique la décision de l'Union européenne de mobiliser ses vaccins pour des campagnes de rappel.