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Vidéo - Aboubacar Soumah, le visage de la grève en Guinée

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Hier encore banni des médias, Aboubacar Soumah s'impose comme un acteur clé de la vie publique guinéenne. Syndicaliste chevronné, il est à l'origine de la grève qui,  depuis trois semaines, paralyse l'éducation. Sorti de la clandestinité, il s'asseoit aujourd'hui à la table des négociations.

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Ses partisans le surnomme déjà général Soumah. Il est devenu le visage de la grève qui paralyse le secteur de l'éducation depuis mi-février. Principale revendication des enseignants : une hausse des salaires à hauteur de 40 % avec effet rétroactif.

Depuis plusieurs semaines, l'opposition multiplie les manifestations à Conakry, craignant que le président refuse de quitter le pouvoir en 2020, à la fin de son deuxième et dernier quinquennat 

Retrouvez notre dossier ► La tentation du 3ème mandat pour Alpha Condé

S'il n'en est pas à sa première grève, Aboubacar Soumah a dû s'imposer au sein même de son syndicat, où certains lui reprochent son obstination et son refus des concessions. "Nous acceptons les négociations mais le mouvement de grève continue jusqu'à la satisfaction totale et entière de nos revendications", déclarait-il devant la presse après sa rencontre avec le président Alpha Condé, fin février.

Alors il tente de convaincre. Les étudiants guinéens bien sûr, mais aussi ceux des pays de la région, pour élargir ses soutiens. "La Guinée a des difficultés qui se répercutent sur tout le continent africain via les jeunes qui ont des problèmes de scolarisation et de formation," explique Jean Sassy, représentant de la Confédération estudiantine et scolaire d'Afrique. 

Il avait néanmoins fallu l'intervention des leaders religieux et d'un médiateur en la personne de l'ancien Premier ministre Mohamed Saïd Fofana pour que les négociations avec le gouvernement reprennent. Car depuis des mois, les pressions et les intimidations se succèdent auprès des manifestants.

Un ministre qui vient du même village que moi est allé voir mon grand frère pour qu’il me demande d’arrêter.
Aboubacar Soumah

Le gouvernement, qui affirme avoir déjà versé aux enseignants un quart de la somme réclamée, explique que l'Etat connaît des "difficultés de trésorerie". Pas suffisant pour les grévistes qui entament leur quatrième semaine de blocage et accentuent la pression en appelant, ce lundi 12 mars, à une journée ville morte, et mercredi 14 mars à des manifestations dans tout le pays.

Ce 8 mars, déjà, des centaines de femmes en colère huaient le président guinéen Alpha Condé lors d'une cérémonie organisée à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes. "Nos enfants à l'école", "Ne tuez pas nos enfants en les rendant ignorants", scandaient-elles sur l'esplanade du Parlement.