Afrique

Alice, une apprentie agricultrice guinéenne qui veut surmonter la douleur Ebola

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TV5MONDE | A. BAH • P. FÉRUS / E. MARTY

Alice a 25 ans. Il y a quelques années, elle a perdu tous ses proches à cause du virus Ébola. Aujourd'hui, la jeune femme se reconstruit en s'investissant dans sa passion pour les métiers de l'agricuture.

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Tous les matins depuis la fin de la récolte, c'est pour Alice le même rituel. Retirer ces gros sacs de riz stockés dans ce grenier.

Il s'agit d'étaler le contenu à même le sol, pour qu'il sèche au soleil.
Alice fait aussi la même chose avec les rameaux de manioc.

Une renaissance 

C'est dans cette ferme de Kindia - à l'intérieur des terres- qu'Alice réapprend à vivre. Il y a quatre ans, en 2014 la jeune femme qui a aujourd'hui, 25 ans a vu tous ses proches mère, père, frères et sœurs... succomber au virus Ebola.

Tous vivaient à Nzérékoré sauf elle. Elle n'a donc pas été contaminée. Alice ne doit donc, son salut qu'à l'éloignement...

"Moi, je vivais à Farana." dit-elle, d'une voix hésitante. "Je venais juste d'avoir le bac. J'étais en licence 1. Et on m'a informé qu'Ébola était entré dans ma famille. Et mon frère a jugé utile que je reste à Farana et que je ne revienne pas à Nzérékoré" ajoute Alice Kourouma, bien consciente d'avoir échappé au pire. 

Devenue soudainement orpheline et sans ressources, Alice va malgré tout poursuivre ses études. L'autorité préfectorale de la santé de Farana se chargera du financement de la formation de la jeune femme. 

Elle veut apprendre. Elle veut y arriver.
Madani Diallo, agriculteur


Aujourd'hui, aux côtés, de Madani Diallo, son nouveau mentor, elle est confrontée concrêtement à une réalité qui n'était jusque-là, que théorie. 
Avec plus de 40 ans de métier le vieux sage sait repérer un potentiel et ce n'est pas seulement parce qu'elle sait bien arroser les plants de cocotiers ou de papayes.

"Elle apprend tout ce qu'il faut sur les cultures agricoles.  Elle est appliquée. C'est un plaisir parce qu'elle est courageuse." remarque l'exploitant agricole.  "Elle veut apprendre. Elle veut y arriver." souligne ensuite M. Diallo visiblement ravi de perpétuer son savoir-faire vers la jeune génération

Comme une nouvelle famille

Et Alice est effectivement attentive à ce savoir transmis, qui  -question de génération- part du bloc-note du mentor pour se retrouver sur la tablette numérique de la jeune apprentie. Une jeune femme, heureuse d'avoir trouver ici à la ferme plus qu'un travail...

Alors, Alice, croit en son avenir, mais elle n'a qu'une crainte.

Voir ressurgir la maladie et avec elle, le traumatisme qui a marqué ses jeunes années.