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Vidéo - Au Mali, le train entre Kayes et Bamako a repris du service

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Reportage : Kaourou Magassa
© TV5MONDE

Depuis fin décembre, le train de voyageurs Bamako-Kayes est de nouveau sur les rails. La ligne était à l'arrêt depuis plusieurs années pour cause de vétusté et de manque d'investissement. Une bonne nouvelle pour des régions fortement enclavées.

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Dans l’imposante bâtisse coloniale, la gare de Bamako.
Mariam, originaire de Mayina dans la région de Kayes, navigue sur des quais bondés. Pour elle, c’est  un nouveau départ. Cela fait plusieurs années qu’elle n’a pas pris le train. 

Mayina est une ville commerçante. Toutes les activités sont tournées vers la gare, et tous les  petits villages qui bordent le trajet avant d’arriver sont inaccessibles sans le train.

Mariam Sacko, voyageuse

Une cinquantaine de villages se trouvent le long de la ligne. 492 kilometres séparent Bamako de Kayes. Dans le pays, seul un train est en état de marche pour faire le trajet. Machinistes et conducteurs sont aux aguets pour assurer le service et garantir la survie d’une zone très enclavée.

Les populations ont souffert, il y a même des populations de beaucoup de villages qui se sont déplacées à cause de l’arrêt de ce train-là. Il y a des populations qui ont quitté le village parce que le train ne circulait plus.

Mahamadou Koné, inspecteur traction du train

Le train traverse une zone agricole. Le rail, source de revenus est essentiel pour les populations riveraines. La gare de Kita située, au coeur de la région, est en effervescence.  Des centaines de femmes tentent d’écouler leurs marchandises et glâner quelques Francs CFA.

Des produits frais sont à disposition, du coup avec le train entre Kayes et Bamako, tout le monde peut avoir des produits frais. Si le train ne vient pas, nous n’avons pas d’argent. Nous considérons le train comme nos maris car, sans lui, nous sommes dans la misère.

Fanta Dembélé, vendeuse de jus à la gare de Kita

Difficile de se passer du train sur le plan social. L’état vient de reprendre la charge du rail. Mais à 7000 FCFA le trajet pour 336 places, la ligne n’est pas rentable. Beaucoup craignent un arrêt brutal de ce moyen de transport malgré ces nombreux avantages.

La route est mauvaise, le trajet en train est plus fiable, c’est pourquoi je l’ai pris pour aller à Kayes dans de bonnes conditions. Même si ça prend du temps, j’arriverai à la maison reposé.

Makan Kanté, voyageur

Après 18 heures et une trentaine d’arrêts, l’arrivée se fait de nuit. Les visages sont tirés et fatigués, mais pour de nombreuses gens,  et commerçants, l'objectif est ailleurs. Avec la réouverture de ce tronçon,  c'est l’espoir de faire renaître le mythique Bamako-Dakar.