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VIDÉO | Colère et regain de tensions au Sénégal après la mort d'un étudiant

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© 2018 TV5MONDE | M. CHEVANCE / C. BERTHÉ • L. DE MATOS / O. MOYSAN

Les étudiants de l'université Cheikh Anta Diop à Dakar sont en colère. Ils l'ont manifesté pour la deuxième journée consécutive. La tension est montée d'un cran dans la capitale sénégalaise.

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"Un étudiant est décédé" mardi à l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis lors d'"échauffourées"avec les forces de l'ordre qui ont "fait une vingtaine de blessés, dont 18 gendarmes", a déclaré à la radio le ministre de l'Intérieur, Ali Ngouye Ndiaye.
Une autopsie a été ordonnée pour déterminer les cause du décès, selon les autorités.


Tout était parti initialement d'un différend autour d'une histoire de bourse impayée. Même les étudiants non-grévistes jusque là sont entrés dans le mouvement après la mort de leur camarade.

Etudiant tué "par balle" ?

La victime est un étudiant en lettre, Mouhamadou Fallou Sène. Elle avait 25 ans, et "a succombée à ses blessures" à la suite de ces "affrontements entre les forces de l'ordre et les étudiants dans le campus", a précisé le rectorat de l'UGB dans un communiqué. 

Les syndicats étudiants de Saint-Louis et de Dakar ont voté une grève illimitée jusqu'à ce que la lumière soit faite sur la mort de Falou Sène, mardi à Saint-Louis.

Il été tué "par balle", ont affirmé à l'AFP des sources estudiantines, selon lesquelles "plus de 20 étudiants"ont été blessés à Saint-Louis dans les violences avec les gendarmes. Et c'est cette épisode qui occupe les esprits car le paiement des bourses, désormais effectué n'a pas apaisé la situation.

Manifestations et violences à Dakar, Bambey et Ziguinchor

La famille du jeune homme se tourne aujourd'hui vers Amnesty International, pour déterminer sa stratégie.

Il faut une enquête indépendante, car nous ne faisons pas confiance aux informations judiciaires
Seydi Gassama, secrétaire d'Amnesty International - Sénégal

L'ONG, avec d'autres au Sénégal, a immédiatement condamné un "usage excessif de la force" par les policiers.
"Nous ne faisons pas confiance aux informations judiciaires" confie Seydi Gassama, le patron local d'Amnesty International. Et d'ajouter:  "sur une vingtaine d'enquêtes recencées n'ont abouti à rien du tout. Elles ont fini par être classées au bout de 10 ans sans que les familles n'obtiennent justice."

En 2014, un étudiant avait été tué lors d'une confrontation avec la police à l'université de Dakar. Cette fois aussi, la mobilisation concernait déjà le non-versement des bourses.