Afrique

Vidéo - Cyril Ramaphosa, un président qui se veut l'héritier de Mandela

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Commentaire : Ilhame Taoufiki

Sans surprise, Cyril Ramaphosa, chef de l'ANC, le parti au pouvoir, a été élu par le Parlement à la tête de l'Afrique du sud ce jeudi 15 février, au lendemain de l'annonce de la démission de Jacob Zuma. Ancien syndicaliste et richissime homme d'affaires, il réalise enfin son ambition de devenir le nouvel homme fort d'Afrique du Sud.

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Cyril Ramaphosa, un des bras droit de Nelson Mandela. C'est cette image que le nouveau président d'Afrique du Sud a toujours voulu mettre en avant : sa proximité avec le héros de la lutte anti-apartheid.

Et proche de Nelson Mandela, Cyril Ramaphosa l'a été. A ses côtés, il a combattu le régime suprémaciste blanc. Il est de ceux qui ont organisé la sortie de prison de Mandela en 1990. Et aussi de ceux qui ont négocié la transition démocratique du pays.
 

Ancien syndicaliste et homme d'affaires

Cyril Ramaphosa, c'est aussi la figure du syndicalisme sud-africain : en 1982, il crée et prend la tête du très puissant syndicat national des mineurs qui parvient, après 5 ans d'existence, à mettre les patrons blancs à genoux. 

Dauphin de Mandela, c'est lui qui aurait dû lui succéder déjà en 1997 à la tête de l'ANC. Mais c'est finalement Thabo Mbéki qui lui a été préféré.

Cyril Ramaphosa coupe alors avec la politique et se lance dans les affaires. Et aucun secteur ne lui résiste : banques, agro-alimentaire, mines. En 2015, le magazine économique américain Forbes estime sa fortune à 450 millions de dollars.
 
Cyril Ramaphosa avant de prêter serment au Parlement à Cape Town, le 15 février 2018 © Mike Hutchings, Pool via AP
Cyril Ramaphosa avant de prêter serment au Parlement à Cape Town, le 15 février 2018 © Mike Hutchings, Pool via AP

Épargné par les scandales


La politique, il y revient en 2012. D'abord propulsé vice-président de l'ANC, il devient vice-président du pays deux ans plus tard .

Étrangement, il est épargné par les scandales à répétitions qui éclaboussent son patron, Jacob Zuma. Habilement, il a su prendre ses distances au bon moment : 
 
Nous devons également reconnaître que notre capacité à surmonter ces défis a été minée au cours de la dernière décennie par l'échec du leadership et des priorités malavisées.
Mais certains lui reprochent d'avoir découvert bien tard les turpitudes présumées de Zuma.

L'autre tâche dans son CV ? La répression violente en 2012 de la grève des mineurs de Marikana, près de Rustenburg. A l'époque, Cyril Ramaphosa est administrateur du groupe minier Lonmin. Pour casser la grève, l'ex-syndicaliste demande à la direction de la police d'envoyer des renforts et de rétablir l'ordre. La police tire sur la foule : 34 personnes sont tuées.

S'il a été blanchi par une commission d'enquête, les mineurs de Marikana n'ont pas oublié. Mais il faut croire que cela n'a pas entravé son ascension à la tête de l'ANC, puis à la présidence de l'Afrique du Sud.