Afrique

Vidéo - La population du Liberia : la grande oubliée du droit foncier

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Récit : P. FÉRUS | TV5MONDE•AFP TV | Montage : J. JOLIVET/S. ALAYRANGUES

Par défaut, l'immense majorité des terres agricoles comme celles là appartiennent à l'État. Grâce à cette très vieille disposition, le Liberia délègue à des compagnies privées le droit d'en exploiter les ressources. Ces concessions couvrent au minimum 40% de la superficie du pays... et... les grands oubliés sont donc les riverains.

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Si ça ne tenait qu'à lui, Morris Kidir, habitant de Gbah, verrait bien sur ces champs, l'emplacement idéal pour construire une école ou un dispensaire. Seulement voilà, ces terres agricoles ont été confiées en exploitation à des compagnies privées et les grands oubliés sont, les riverains comme lui.

"Nous les avons priés de nous laisser cette parcelle de terre pour notre développement" soutient-il. "On négociait sur la nature du développement et puis ils ont dit qu'on devait leur envoyer une lettre..."
 
Une lettre, somme toute formelle, car tout se décide au dessus de leur tête. Morris le sait. Il n'a pas son mot à dire.
Le Liberia accorde à des compagnies privées des concessions qui couvrent au minimum 40% de la superficie du pays. À la clé, de juteuses taxes qui pèsent bien plus lourd que le statut de ces riverains au regard du droit foncier.

Au final, techniquement, leur présence, même quand elle est actée depuis des générations sur ces terres, ne leur donnent pas droit à grand chose.

Ces communautés occupent les terres depuis très longtemps et elles pensent déjà en être propriétaires. Or, d'un point de vue légal, la terre ne leur appartient pas...
Gerald Yeakula, juriste en droit foncier


Pour Gerald Yeakula, les riverains présents sur ces terres qu'ils travaillent ne sont que des "squatteurs" Et d'ajouter :"cette loi cherche à donner à ces gens là, la terre qui leur revient."

 

George Weah, le président du Liberia reçu à l'Élysée par son homologue français Emmanuel Macron | 21 février 2018 | FRANÇOIS MORI • AP PHOTO


Et il est vrai que cette loi de 2014 sensée rééquilibrer les rapports de forces est bien dans les tuyaux.  Mais ça fait bientôt six mois qu'elle est bloquée au Congrès. 

Des concessions consolidées

En cause notamment, le problème des certificats tribaux. En principe, sur certaines terres, l'accord du chef local est nécessaire avant toute cession. Un accord préalable menacé dans la future loi.

Le défi est donc énorme pour le nouveau président George Weah.

Lui qui à Monrovia, s'était de nouveau engagé à clarifier la situation, lors de son premier discours à la nation en janvier dernier. 

En attendant, tout semble verrouillé. Les populations savent qu'elles devront attendre la fin des licences actuelles pour exercer leurs droits.

Ce n'est pas gagné, car pendant le mandat précédent, celui d'ellen sirleaf, de nombreuses concessions étalées sur plusieurs decennies ont été accordées ou renouvelées...