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Vidéo - Machines à voter en RDC : mise en garde de Séoul

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©TV5MONDE F. MOKOKO / S. RODIER / A. ROUX

Fierté de la commission électorale congolaise, elles avaient provoqué la méfiance dès leur arrivée il y a un mois et demi : les machines à voter suscitent des doutes sur leur fiabilité, au point que la Corée du Sud, le pays du fabricant, a mis en garde contre leur utilisation

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La machine à voter devait révolutionner et tout simplement permettre les élections de 2018. La commission électorale en avait fait la promotion le 21 février dernier. 

Mais la Corée du Sud a changé la donne : la machine est une fabrication de Miru Systems, entreprise sud-coréenne spécialisée dans le matériel de vote électronique. Sur son site, elle précise d'ailleurs bien qu'un contrat a été signé avec le Congo en début d'année. 

Or le journal Jeune Afrique a révélé une certaine proximité entre des membres de la commission électorale et l'entreprise Miru Systems. La diplomatie sud-coréenne réagit : dans un communiqué, elle redoute entre les lignes d'être associée à des fraudes massives. 
 
Le gouvernement coréen a dûment expliqué au fabricant des machines à voter les risques potentiels en cas d'exportation. Exporter leurs machines au Congo pourrait donner au gouvernement congolais un prétexte pour des résultats indésirables (...) notamment le retard (...) de la tenue des élections.
Extrait du communiqué sud-coréen
Pour l'opposition, la machine à voter est impossible à mettre en place 
 
Moins d'un pour cent des Congolais a accès à l'électricité, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d'amener plus de 30 millions d'électeurs à utiliser un procédé qu'ils ne connaissent pas. Cela revient à importer les germes d'un conflit inutile.
Eve Bazaiba, Secrétaire Générale du MLC et Coordonnatrice du Front pour le Respect de la Constitution
La CENI se défend et se montre très sure d'elle.
La CENI est la seule compétente pour dire comment nous allons voter cette année. Il n'y a que la CENI qui a ce pouvoir là, et non un état étranger qui dicterait sa loi
Jean Baptiste Itipo, Directeur de la Communication de la CENI
La Corée du sud a précisé qu'elle n'avait aucun droit d'interdire un contrat à une compagnie privée coréenne. Le contrat pour plusieurs dizaines de milliers de machines approcherait les 150 millions de dollars