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Vidéo - Au Niger, procès en cours pour des militaires accusés de putsch en 2015

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Commentaire : P.FÉRUS | TV5MONDE | Montage : G.LONGO

Un procès sous tension au Niger. Des militaires présumés putschistes comparaissent depuis ce mardi 23 janvier 2018 devant un tribunal militaire situé au haut commandement de la Gendarmerie nationale. Ils doivent répondre d'un coup d'État manqué en 2015 contre le régime. Un coup d'État que les prévenus réfutent fermement.

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Une longue file d'attente devant le sas de sécurité de ce tribunal ici à Niamey. Les proches des prévenus, sont là. Tout comme la dizaine d'avocats de la défense.

Un "complot contre la sûreté de l'État" mis en doute par l'opposition

Tous n'iront pas jusqu'au bout de l'audience du jour, car leurs protestations, autour notamment du code de justice militaire, n'ont pas été entendues. 

"Ce n’est pas un code, c’est un code liberticide. Il est contraire à toutes les règles élémentaires de droit.", indique Me Mamane-Achirou Moumouni, avocat de la défense. Et d'ajouter : "Nous on a estimé devoir rester et ne pas faire la défense rupture à la demande, principalement de mon client, même si je suis vraiment d'esprit totalement solidaire de mes confrères qui sont partis !"

Selon l'ordonnance de renvoi, le général Souleymane Salou, ex-membre de la junte serait l'un des cerveaux de ce projet de putsch de 2015. Le document indique aussi, que la quasi-totalité des prévenus serait passé aux aveux.

Je ne vois pas comment un témoin cité peut refuser d'être là !
Me Mamane-Achirou Moumouni , avocat de la défense

Les putschistes présumés eux, ont toujours clamé leur innocence. Et leurs avocats, comme Me Moumouni, s'étonnent qu'ils ne puissent pas interroger librement qui ils veulent...

"Certains témoins dont nous avons demandé la comparution, ne se sont pas présentés. Vous avez entendu dans la salle un des témoins qui dit qu'il viendra quand ce sera necessaire" souligne t-il avec stupéfaction. 

En décembre 2015, le président Mahamadou Issoufou affirmait qu'il avait déjoué une tentative de coup d'état contre lui. L'opposition a l'époque émettait de sérieux doutes quant à la véracité de ce putsch à seulement deux mois de la présidentielle. 
Dans les faits, 12 militaires, hauts gradés, trois douaniers, des opposants du parti Lumana et des dizaines de civils avaient été arrétés. 
Depuis ces civils ont été libérés après un non-lieu partiel. 

Ce procès sous haute surveillance, se poursuit pour encore quelques jours.

Un verdict est attendu à la fin de la semaine.