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Vidéo - TCHAD : Faible mobilisation et forte présence policière dans les rues de N'Djamena

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Ce devait être le jeudi de la colère mais la manifestation de la société civile a été étouffée au Tchad. Interdite par les autorités, les forces de l'ordre ont été mobilisées en force. Seuls quelques groupes de personnes se sont réunis avant d'être dispersé par la police.

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Ils ont abandonné l'idée d'une grande marche sur les artères principales de N'Djaména car ils savent que la police est partout. Alors ils se rassemblent en petit groupe ... et osent quelques slogans "Déby dégage".
Ils prennent ainsi le risque de dire, haut et fort, leur dégoût de se voir interdits de manifestation.

On va manifester.
Que ça soit dans la légalité ou non, on va manifester.
Vous nous trouverez sur votre chemin.
On va voir qui va gagner.
Démissionner de ce gouvernement. Vous êtes irresponsables, vous êtes incapable de gérer ce pays.
Karyom Demba, syndicaliste


Ces rassemblements sporadiques concernent surtout les communes des 5ème, 6ème et 7eme arrondissement de la capitale, quelques dizaines de personnes de la société civile tchadienne à peine qui se sont réunies avant de se disperser en plusieurs endroits de N'Djamena pour protester contre l'austérité et la mauvaise gouvernance. Douze ont été arrêtées.
La police est très présente, en ville pour encadrer les manifestants et son porte-parole, tout sourire, ironise sur cette journée dite de "la colère".

Moi je dirais plutôt que c'est « le jeudi de joie » du moment où nos concitoyens vaquent normalement à leurs occupations. Et comme vous le constatez également les agents de force de l'ordre sont restés tranquille dans les carrefours qui leurs sont confiés. Paul MANGA, porte-parole de la police nationale  


Depuis fin janvier, toutes les manifestations contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement, sont interdites au Tchad.
Mercredi, dix partis d'opposition ont été suspendus pour avoir soutenu ces initiatives. Les syndicats avaient durci la grève mercredi en demandant aux établissements de santé publique de suspendre leur service minimum, alors que la plupart des administrations et établissements du service publics sont déjà paralysés par une grève générale depuis le 29 janvier, à la suite de la réduction des salaires des agents de l'Etat et l'augmentation de l'impôt sur le revenu.

Cette grogne sociale généralisée, soutenue par l'opposition, a pris des allures de fronde contre le président Déby, au pouvoir depuis 1990. Elle fait suite aux mesures d'austérité mises en place par le gouvernement pour pallier la grave crise économique que traverse ce pays pétrolier depuis 2014, accentuée par la chute du prix du baril.