Afrique

Vidéo - Togo : à Lomé, une vie en péril près d'une montagne de déchets

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Reportage : E. Sodji et J. Louisin
© TV5MONDE

Au Togo, un centre d’enfouissement  des déchets est en construction  depuis 2016 pour faire face à l’explosion de la population qui devrait presque doubler d’ici à 2030.  
En attendant les résidents, à proximité de l’actuelle décharge, vivent un  véritable calvaire.  Malgré leurs cris de détresse, aucune mesure n’est prise pour assainir régulièrement l’environnement de cette poubelle géante à ciel ouvert. Et pourtant, près de 20 mille personnes vivent  dans cet environnement à risques.

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Dans cette banlieue de la capitale togolaise, le poison s’infiltre dans les nappes phréatiques depuis bientôt 30 ans.
Au fil des années, le trou creusé par les autorités  pour  enfouir les déchets de Lomé est devenu une décharge à ciel ouvert... sur une trentaine d’hectares. 

On a nos enfants qui ont des problèmes de choléra, des petits boutons sur le corps... A l'hôpital, on nous dit que c'est l'eau que l'on consomme qui affecte les enfants.

Abdoulaye Abdoudjalilou, habitant du quartier

Le site est saturé depuis bientôt 10 ans. Résultat : les immondices  et la puanteur atteignent  aujourd’hui les abords des maisons d’Agoè Adjouyiko, une agglomération de quartiers d’environ 20 mille habitants. "Quand on respire la fumée noire des pneus, raconte Paoudi Lalabia, un habitant du quartier, cela fait une toux sèche. Il y a 3 ou 4 ans, le ministre des travaux publics étaient venus dire qu'on ne jetterait plus les ordures ici !" Toutes les plaintes adressées aux autorités depuis 2013 n’ont rien changé.  Aujourd’hui, le comité de quartier est  désemparé.

Nous avons demandé au ministère de la santé, au préfet, au ministre des travaux publics et même au président de conduire des actions, ne sezrait-ce que chaque mois pour désinfecter les lieux. Nos courriers sont restés lettre morte. Je pense que c'est une mauvaise volonté et que l'état ne prend pas en compte les aspirations profondes de la population.
 

Komi Talake, Président du Comité villageois de développement d'Adjouyiko-Sorad

Insouciants, des bambins courent un grand risque : une infection respiratoire ou une diarrhée. Ces deux maladies  sont les  deux premières causes de mortalité  au monde pour des enfants de moins de 5 ans, dans un  milieu insalubre et pollué.