Afrique

Violences post-électorales en RDC: couvre-feu à Kikwit, un mort à Goma

Des supporters de l'opposant Félix Tshisekedi célèbrent sa victoire à la présidentielle, le 10 janvier 2019 à Kinshasa
Des supporters de l'opposant Félix Tshisekedi célèbrent sa victoire à la présidentielle, le 10 janvier 2019 à Kinshasa
afp.com - John WESSELS
dans

Un couvre-feu a été décrété vendredi à Kikwit, fief de l'opposant Martin Fayulu qui conteste sa défaite à l'élection présidentielle en République du démocratique Congo, où au moins neuf personnes ont été tuées dans les protestations.

"Il est interdit à la population de circuler de 20 heures jusqu'à cinq heures du matin. Seules les patrouilles mixtes policiers et militaires sont autorisées à circuler pendant ces heures jusqu'à nouvel ordre", a déclaré à l'AFP Leonard Mutangu, le maire de Kikwit où cinq personnes sont mortes dans les violences post-électorales.

Le maire est une autorité politico-administrative nommé par le président de la République en RDC.

"Dans l'opération de rétablissement de l'ordre public jeudi à Kikwit (ouest), le nouveau bilan est de cinq morts" parmi les civils, a déclaré vendredi à l'AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise.

"La police compte aussi 17 blessés dans ses rangs" à Kikwit, a ajouté l'officier, indiquant que l'émetteur de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) avait été saccagé par des manifestants.

"La police nationale congolaise dément avoir enregistré deux morts dans ses rangs, mais confirme la mort de l'épouse d'un inspecteur de police parmi les cinq personnes tuées", a-t-il précisé.

La veille, le chef de la police de Kikwit, le général Dieudonné Mutepeke, avait déclaré à l'AFP que deux policiers avaient été tués.

A Goma (est), au moins une personne a été tuée dans la contestation des résultats qui place M. Fayulu deuxième derrière un autre opposant, Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre par la commission électorale.

Dans la province du Kasaï (centre), fief du vainqueur proclamé Félix Tshisekedi, deux tentatives "d'incursions de miliciens" ont été repoussés par l'armée. Trois miliciens ont été tués à Tshikapa, selon la police.

Selon d'autres versions, les miliciens voulaient fraterniser avec les forces de sécurité qui ont pris peur.

Un responsable local de la campagne de M. Fayulu a été arrêté à Mbandaka (ouest), a indiqué la police.

La police lui reproche d'avoir "appelé ses sympathisants à se rassembler et à se diriger vers le centre local de compilation des résultats de Mbandaka, vandaliser ledit centre et récupérer les procès verbaux", a expliqué la police.

Des manifestations ont eu lieu dans cette ville de Mbandaka, fief d'un des soutiens de M. Fayulu, Jean-Pierre Bemba.

M. Fayulu revendique la victoire avec 61% des voix et a annoncé qu'il allait saisir la Cour constitutionnelle samedi pour demander un recomptagne des bulletins.