Afrique

[À vrai dire...] La France dissuade-t-elle vraiment les migrants de prendre des risques en Méditerranée ?

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©TV5MONDE / A.Fonteneau, L.Bellon

L'Europe se déchire sur la question des migrants. La France vante régulièrement sa méthode innovante : des points de contrôle avancés implantés directement dans des pays africains, à la demande d'Emmanuel Macron. Une initiative qui ne fait pas encore ses preuves.​

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La France appelle cela des "missions de protection". Il s'agit en quelque sorte de postes frontières installés directement au coeur de l'Afrique : en l'occurence au Niger et au Tchad.

C'est ce qu'avait proposé le président français il y a tout juste un an, le 27 juillet 2017, lors d'un déplacement à Orléans :

"Nous développerons des missions de l'OFPRA qui iront les unes sur les hotspots italiens (...), les autres sur le sol africain dans les pays sûrs où nous pourrons organiser ces missions pour traiter les demandes des demandeurs d'asile" affirmait Emmanuel Macron.

Depuis cette déclaration, trois missions ont été organisées au Sahel par l'OFPRA, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Les agents de l'OFPRA, après une série d'entretiens et de vérifications, ont selectionné au total 458 personnes essentiellement en provenance d'Erythrée, du Soudan et de Somalie. Ils seront transportés par avion et pourront obtenir l'asile en France.

Quelles sont les promesses de la France ?

La France s'est engagée à accueillir 3000 migrants en provenance des camps de l'ONU du Niger et du Tchad. 3000 personnes en deux ans. Mais avec 458 personnes selectionnées en huit mois, l'objectif sera difficile à respecter si le rythme de sélection reste le même. L'OFPRA se dit malgré tout confiant d'atteindre les 3000 migrants accueillis d'ici à octobre 2019.

Quelles conséquences sur le flux de migrants ?

Ce mécanisme français a été mis sur pied pour dissuader les migrants de risquer leur vie en traversant la Méditerranée. Mais le flux est compliqué à endiguer : l'année dernière au moins 157 000 personnes sont arrivées en Europe par la mer (source OIM-ONU). 

Par ailleurs, cette initiative de la France a créé un afflux de candidats à la migration vers le Tchad et le Niger. Les camps de l'ONU au Niger par exemple accueillent désormais plus 320 000 personnes. Beaucoup d'entre elles rêvent d'être réinstallées en Europe. La très grande majorité ne le seront jamais.